En Brie (Seine-et-Marne), l’agriculture céréalière a conduit à une forte dégradation de la qualité de l’eau de la nappe de Champigny, l’une des principales ressources d’eau potable d’Île-de-France.
Depuis 2005, une solution simple est testée à Rampillon : créer des mares et zones humides artificielles pour filtrer les eaux de drainage agricoles avant qu’elles n’atteignent la nappe.
4 zones tampons sont aménagées :
• 3 petites sur des terrains d’agriculteurs,
• 1 zone collective plus vaste (5 600 m²), capable de traiter l’ensemble des eaux du bassin versant du ru des Gouffres.
Dès 2012, les premiers résultats apparaissent.
Grâce aux plantes, aux sols… et surtout à l’activité des microorganismes, ces zones humides éliminent environ 40 % des polluants (nitrates, produits phytosanitaires).
Un système naturel dont l’efficacité reste toutefois variable : entre 25 % et 55 % selon les saisons et les conditions climatiques.
🌾Mais la solution ne repose pas seulement sur l’aménagement du paysage : « Beaucoup d’efforts ont également été faits par les agriculteurs : entre 2005 et 2015, la concentration moyenne en nitrates à l’entrée de la zone a diminué de 25 % », soulignent les scientifiques.
Résultat : moins de pollution dans nos eaux… et plus de biodiversité.
🦋 Ces zones humides sont devenues de véritables refuges : 374 espèces y ont été observées, dont plus de la moitiés des insectes.
Aujourd’hui, l’ambition est de passer à grand échelle avec le projet Ancoeur 2030 : déployer ce type de solution sur 14 000 hectares agricoles.
Parfois, l’innovation consiste simplement à redonner de la place à la nature. 🌱
🎨 Crédits : illustration réalisé par Jeremy Perrodeau pour la revue Ressources #5
