Cette fleur tubulaire d’ombre méconnue transforme vos coins tristes en refuge à colibris l’été : ne la négligez plus

Un coin de jardin plongé à l’ombre donne souvent l’impression d’être condamné à rester terne. Pourtant, ce sont justement ces endroits plus frais que les jardiniers rêvent de voir s’animer de battements d’ailes. Les colibris semblent alors réservés aux jardins baignés de soleil, couverts de fleurs éclatantes, alors qu’une poignée de plantes bien choisies suffit à transformer l’ombre en refuge vivant.

La difficulté vient du manque de lumière : beaucoup de vivaces spectaculaires réclament au moins six heures de soleil par jour, ce qu’un mur au nord ou un grand arbre ne peuvent pas offrir. Pourtant, certaines plantes d’ombre qui attirent les colibris se satisfont d’une lumière tamisée et d’un peu de fraîcheur. Parmi elles, une petite fleur tubulaire lumineuse a tout pour devenir la star de ces recoins oubliés. Et ce n’est qu’un début.

Pourquoi les colibris adorent les fleurs tubulaires même à l’ombre

Pour comprendre ce qui fonctionne à l’ombre, il faut d’abord se mettre dans la peau d’un colibri. Ces acrobates nectarivores visitent entre 1 000 et 2 000 fleurs par jour, ce qui impose au jardin un véritable buffet en continu. Ils repèrent très bien les couleurs vives, en particulier le rouge, et privilégient les fleurs tubulaires ou en forme d’éperon, faciles à survoler et remplies de nectar. Lorsqu’ils trouvent un massif abondant qui fleurit longtemps, ils y reviennent plusieurs fois par jour.

Les zones qu’ils boudent le plus sont souvent celles où la lumière manque vraiment. L’ombre légère, par exemple sous une ramure peu dense, le long d’un mur qui bloque le soleil quelques heures ou dans un espace où l’astre disparaît une partie de la journée, reste pourtant exploitable. Il suffit d’y installer des vivaces adaptées, capables de fleurir de la fin du printemps jusqu’aux nuits froides d’automne. C’est exactement ce que fait la corydale jaune (Corydalis lutea).

Corydale jaune : la fleur tubulaire d’ombre qui attire les colibris tout l’été

Vivace rustique en zones 4 à 8, la corydale jaune forme un coussin de feuillage vert clair délicatement découpé, qui peut atteindre environ 45 cm de hauteur. Au-dessus se dressent, tout l’été, des grappes de petites fleurs tubulaires jaune vif, très visibles même dans la pénombre. Elles attirent les colibris et d’autres pollinisateurs de la fin du printemps jusqu’aux premières nuits vraiment froides. Pour un coin ombragé un peu triste, cet éclair jaune continu change complètement l’ambiance.

Cette vivace se plaît dans un sol bien drainé et plutôt riche, mais elle tolère l’argile, les terres sableuses ou même un terrain caillouteux. Elle préfère la lumière tamisée plutôt que l’ombre noire, avec quelques heures de clarté au cours de la journée. On l’utilise en couvre-sol dans les zones d’ombre, en tache lumineuse au pied d’un muret ou en bordure le long d’un passage. Ses graines se ressèment toutes seules, assurant chaque année une nouvelle vague de fleurs, et il suffit de tailler les hampes défleuries pour limiter sa progression. Seul bémol, la plante est toxique pour les chevaux si elle est consommée en quantité importante.

Comment transformer la corydale jaune en véritable bar à nectar ombragé

Pour enrichir ce tableau, on peut border la corydale de phlox de mi-ombre et, au soleil filtré, d’une capucine Empress of India rouge vermillon très nectarifère.

Autour de ce bar à nectar, mieux vaut bannir les pesticides, installer quelques perchoirs bien visibles, limiter l’accès des chats et prévoir un simple point d’eau.

Sources

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