Accident spectaculaire de VTT de descente, l’interview du rider Maël qui a tué le brocard

Ces derniers jours, les images ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Beaucoup ont vu passer cette séquence marquante : un accident d’une rare violence, survenu en pleine descente de VTT, qui a surpris autant les pratiquants que le grand public. Derrière ces images spectaculaires, il y a une réalité imprévisible. Rencontre avec Maël, le VTTiste accidenté.  Cet accident rappelle une réalité souvent sous-estimée : la cohabitation avec la faune sauvage concerne l’ensemble des usagers de la nature, quels que soient leurs pratiques. Elle impose une forme d’humilité face à l’imprévisible. Dans ce contexte, le fait que l’animal ait été récupéré et valorisé en venaison apporte une forme de cohérence à la suite des événements. Cela traduit une logique de responsabilité et d’usage, où l’on évite qu’une vie animale soit perdue sans finalité. Une manière pragmatique de donner du sens, a posteriori, à cet accident.

Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Maël, je pratique le VTT de descente depuis plus d’une dizaine d’années. Originaire de Millau, où je vis toujours aujourd’hui, j’ai participé ce week-end au championnat régional de descente.

Tu pratiques la descente à bon niveau. Peux-tu nous raconter l’anecdote qui t’est arrivée récemment ?

Lors des essais du samedi, un événement totalement inattendu est venu bouleverser ma course. Alors que je réalisais une reconnaissance classique de la piste, lancé sur une portion rapide à environ 50-55 km/h, un brocard a surgi et m’a percuté de plein fouet. Je n’ai même pas eu le temps de réagir ni de freiner : je l’ai aperçu au moment de l’impact, sans comprendre immédiatement ce qu’il se passait.

As-tu compris ce qu’il se passait sur le moment ?

La chute a été violente. Je suis resté au sol près d’une minute, sonné, essayant d’évaluer mes blessures. Sur le moment, j’ai surtout ressenti des douleurs musculaires au niveau du dos, accompagnées d’un pincement nerveux dû à la violence du choc contre le guidon, plus qu’à la chute elle-même.

Après l’impact, que s’est-il passé ?

C’est un épisode difficile à encaisser, d’autant plus qu’il m’a contraint à renoncer à la compétition prévue le lendemain. Cet accident n’était en rien lié à une erreur de ma part. La piste était empruntée toute la journée par plus de 500 coureurs, et rien ne laissait présager un tel danger à cet endroit. J’étais concentré, en pleine vitesse, avec d’autres riders autour de moi, quand tout a basculé en une fraction de seconde.

Heureusement, un spectateur présent sur place filmait la descente et a capturé la scène. En découvrant les images par la suite, j’ai moi-même été choqué par la violence de l’impact.

Le chevreuil a-t-il été récupéré pour sa venaison ?

Après l’accident, nous avons cherché à savoir ce qu’il était advenu de l’animal. Malheureusement, le brocard est mort sur le coup, sans souffrir. Une issue forcément triste, même si, avec le recul, je mesure la chance que j’ai eue. À cette vitesse, l’impact aurait pu avoir des conséquences bien plus graves pour moi. Je pense aussi aux nombreux jeunes présents sur la course : face à un tel choc, les conséquences auraient pu être dramatiques.

Dans les heures qui ont suivi, la vidéo a circulé sur les réseaux sociaux. De mon côté, en redescendant tranquillement, j’ai échangé avec des bénévoles que je connais bien. Certains, également chasseurs, ont récupéré l’animal afin que sa viande ne soit pas perdue.

Quel bilan tires-tu de cet épisode ?

Cet épisode reste marquant à plusieurs niveaux : il m’a coûté une compétition importante, une préparation conséquente, et m’impose aujourd’hui une période de repos d’au moins une semaine pour récupérer pleinement. Mais au-delà de la frustration sportive, je retiens surtout la violence et l’imprévisibilité de cet instant, ainsi que la chance de m’en être sorti sans blessure grave.

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Cet article est paru en premier sur CHASSONS