La ministre de la mer à donc décidé de relever le quotas de maquereau en pêche de loisirs. Mais soyons honnête, cette décision fait suite à la hausse du quota pour les pêcheurs professionnels. Une décision confirmée lundi 30 mars par le conseil des ministres européens.
On a toujours du mal à comprendre comment la pêche de loisirs influence la baisse du stock de maquereau de l’atlantique Nord. Le Gifap l’expliquait justement dans un communiqué » : « Les données scientifiques disponibles indiquent que la pêche récréative représente une part marginale des prélèvements globaux de maquereau à l’échelle internationale, comparativement aux captures industrielles. À ce jour, aucune étude scientifique publique ne démontre qu’un passage de dix poissons à cinq poissons par pêcheur et par jour produirait un effet mesurable sur l’état du stock ».
10 maquereau par jour pour la pêche de loisirs et pour les professionnels ?
L’arrêté ministériel a paru le 1er avril. Et non ce n’est pas un poisson d’avril … Il précise : « La pêche de loisir du maquereau (scomber scombrus) est limitée à 10 spécimens, capturés et détenus, par pêcheur et par jour. Dans les zones CIEM 4, 7 et 8. Correspondants aux façades Atlantique, Manche – Mer du Nord ».
A l’origine de cette mise en place de quota, la décision le 13 décembre dernier des pays de l’Union d’une baisse de 70% des quotas maquereau pour la pêche professionnelle. Une décision revue à la baisse. Avec une réduction tout compte fait de 48% seulement. Et ce pour répondre aux inquiétudes des pêcheurs. S’alignant ainsi sur les pays voisins: Royaume-Uni, Norvège, Iles Féroé et Islande.
Etant donné que les quotas vont être augmentés par les professionnels, le ministère français a décidé de les augmenter également pour les particuliers. D’autant que lors de la consultation publique les pêcheurs amateurs réclamaient une hausse du quota. Une consultation publique cumulant 8 012 avis. 5 048 avis étant explicitement défavorables au projet d’arrêté. 24 avis favorables aux mesures contenues dans le projet d’arrêté. Et 2 320 avis qui sans être défavorables demandent une évolution réglementaire.

Quel est l’état de la population du maquereau en Atlantique Nord ?
La situation du maquereau dans l’Atlantique Nord est aujourd’hui jugée préoccupante. Voire critique selon les zones. Les évaluations scientifiques récentes montrent une forte dégradation des stocks. En particulier dans l’Atlantique Nord-Est, principale zone de pêche mondiale pour cette espèce.
D’après le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM), la biomasse de maquereaux adultes a fortement chuté ces dernières années. Au point de passer sous les seuils de sécurité biologique. Dans certaines estimations, elle a été divisée par plus de deux en seulement cinq ans. Cette situation s’explique en grande partie par une surpêche chronique, les quotas réellement exploités ayant dépassé les recommandations scientifiques d’environ 39 % en moyenne sur quinze ans.
Face à ce déclin, les mesures de gestion se durcissent. Pour 2025, le total autorisé de captures (TAC) en Atlantique Nord-Est a été réduit d’environ 22 %, et les scientifiques recommandent même des baisses allant jusqu’à –70 % à –77 %.
Enfin, le changement climatique accentue ces tensions. Le réchauffement des eaux modifie la répartition des bancs. Désormais plus concentrés vers le nord, compliquant la gestion internationale de cette espèce migratrice.
Pour 2026, le Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem), qui fait autorité, recommandait de diviser par quatre la pêche de maquereaux dans l’Atlantique Nord, pour atteindre environ 174.000 tonnes en 2026, pour les pays de l’UE et hors UE.
La baisse de 48% actée lundi correspond à environ 299.000 tonnes de captures.
Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS