
Dans une société où le regard sur le handicap oscille encore trop souvent entre compassion et incompréhension, certaines histoires viennent bousculer les idées reçues. Celle d’Antonin Barbier, jeune chasseur de 26 ans devenu tétraplégique à la suite d’un accident, en fait partie. Originaire de Côte-d’Or, il a choisi de ne pas renoncer à sa passion de la chasse malgré les séquelles. Bien au contraire, il en a fait un véritable levier de reconstruction personnelle. Son témoignage, relayé récemment dans la Le Bien Public, met en lumière une réalité trop peu évoquée : pour certaines personnes en situation de handicap, la chasse peut devenir une véritable thérapie.
Retrouver une identité grâce à la chasse
Pour Antonin Barbier, la chasse n’est pas un simple loisir. C’est une part essentielle de son identité, transmise dès l’enfance par son père. Après son accident, l’impossibilité de pratiquer a constitué une rupture brutale, presque une perte de soi. Revenir à la chasse, grâce à un véhicule adapté, a marqué une étape clé dans sa reconstruction. Plus que l’acte de tirer, c’est tout l’environnement qui compte : les chiens, la nature, l’attente, le partage. Autant d’éléments qui recréent un lien avec la vie d’avant, mais aussi avec les autres.
Une passion qui devient un outil de résilience
La pratique de la chasse permet à des personnes en situation de handicap de retrouver une forme d’autonomie et de liberté. Elle offre aussi un cadre structurant, avec ses codes, ses rituels et son esprit collectif. Dans le cas d’Antonin, cette passion agit comme un moteur psychologique car elle lui donne un objectif, un rythme, une raison de se projeter. Elle permet aussi de sortir de l’isolement, en retrouvant un groupe et une place au sein de celui-ci. La chasse devient alors bien plus qu’un loisir : un espace de reconstruction, de dignité et parfois même de dépassement de soi.
Quand l’intolérance s’invite dans le débat
Malheureusement, la publication de cette histoire inspirante a aussi suscité de la part de quelques courageux cachés derrière des pseudonymes, des réactions d’une grande violence sur les réseaux sociaux. Certains commentaires, moqueurs ou méprisants, remettent en cause non seulement la pratique de la chasse, mais aussi la légitimité de cette passion pour une personne en situation de handicap. Ces prises de position sont regrettables à plusieurs titres. Elles traduisent d’abord une méconnaissance profonde du vécu des personnes concernées. Elles témoignent ensuite d’un manque de respect envers un jeune homme qui fait preuve d’un courage remarquable. Critiquer la chasse est un droit dans un débat démocratique. Mais attaquer une personne pour sa passion, surtout lorsqu’elle constitue un pilier de reconstruction après un drame, relève d’une forme d’indignité. L’histoire d’Antonin Barbier rappelle une chose essentielle : derrière chaque passion se cache une histoire humaine. Dans son cas, la chasse est bien plus qu’une tradition ou un loisir controversé. Elle est un lien avec la vie, une source de résilience et un symbole de liberté retrouvée. Plutôt que de juger, peut-être est-il temps d’écouter et de comprendre ce que ces pratiques représentent réellement pour ceux qui les vivent.
Photo fournie par Antonin Barbier