Bouquetins du Bargy : le nouveau plan 2026 rallume la guerre entre éleveurs et associations

Le dossier des Bouquetins du Bargy revient tel un sujet dit « marronnier » La préfecture de Haute-Savoie a présenté un nouveau dispositif pour lutter contre la brucellose. Maladie qui circule toujours chez certains animaux sauvages.

« La campagne 2025 de surveillance par captures a, comme en 2024, détecté une persistance de la circulation de la brucellose dans le massif, avec 7 bouquetins atteints sur 79 testés (six en 2024). Sur le secteur du Petit Bargy, six bouquetins sur 19 ont été confirmés porteurs de la bactérie lors des opérations de tirs » – Préfecture de Haute Savoie

Entre impératif sanitaire, défense du pastoralisme et protection d’une espèce emblématique, les tensions repartent de plus belle.

Un nouveau plan de gestion des bouqetins du Bargy pour contenir la brucellose

14 ans après la découverte du 1er foyer, la brucellose reste présente sur le massif du Bargy. Les services de l’État veulent donc poursuivre la surveillance et les interventions ciblées. Le plan 2026 prévoit des captures d’animaux, des analyses sanitaires, la pose de marquages. Ainsi que des tirs limités sur certains individus identifiés comme à risque. ( voir l’arrêté préfectoral du 13 avril 2026)

L’objectif affiché est clair : réduire la circulation de la bactérie sans remettre en cause la viabilité de la population de bouquetins. Les autorités cherchent désormais une approche plus sélective que lors des précédentes campagnes très contestées.

bouquetins des alpes massif du bargy

Les éleveurs soutiennent une action ferme

Du côté des exploitants agricoles, la vigilance reste maximale. La brucellose peut contaminer les troupeaux domestiques et provoquer de lourdes conséquences économiques. En cas de foyer, les restrictions sanitaires peuvent être sévères, avec pertes financières importantes pour les élevages et inquiétudes pour les filières fromagères locales.

Beaucoup d’éleveurs saluent donc un plan jugé plus réaliste. Pour eux, ne rien faire reviendrait à laisser perdurer une menace sur les alpages de Haute-Savoie. Ils demandent surtout de la continuité, de la rapidité et des résultats mesurables. ( voir notre article sur l’historique des bouquetins du Bargy)

Les associations dénoncent toujours les tirs

En face, plusieurs associations de protection animale contestent la méthode. Elles estiment que les tirs restent une mauvaise réponse sur une espèce protégée comme le Bouquetin des Alpes. Elles plaident pour des captures systématiques, des tests individuels et un suivi scientifique renforcé. Leur argument principal : il ne faut pas abattre des animaux sains au nom d’une logique administrative. Elles rappellent également que la justice a déjà annulé certains arrêtés préfectoraux passés, jugeant les mesures insuffisamment justifiées.

Le monde cynégétique suit le dossier de près

Même si le bouquetin n’est pas une espèce chassée en France, le sujet intéresse aussi le monde cynégétique. Beaucoup y voient un cas emblématique de gestion de la faune sauvage face aux enjeux sanitaires. Certains observateurs jugent que les pouvoirs publics ont longtemps hésité. Alternant immobilisme et décisions brutales. Pour ces défenseurs d’une régulation raisonnée, le nouveau plan 2026 va dans le bon sens s’il repose sur des données scientifiques solides et des interventions rapides.

Un dossier loin d’être refermé

Le Bargy reste un symbole national du conflit entre protection de la nature et gestion sanitaire. Chaque nouvelle décision ravive les oppositions entre acteurs locaux, associations et administration.

Une chose est certaine : tant que la brucellose circulera chez les Bouquetin des Alpes, le débat restera brûlant. En 2026, le massif du Bargy n’a pas fini de faire parler de lui. D’autant que la préfecture signale également que « l’Anses a rendu, le 30 mars 2026, un avis visant à appuyer la stratégie de suivi et de lutte à mettre en œuvre à l’horizon 2030 ».  Avis ( consultable à ce lien) qui sera pris en compte lors de l’élaboration du futur arrêté préfectoral pluriannuel 2027-2030.