
Les colombidés font partie des oiseaux les plus familiers de nos campagnes et de nos villes. Pourtant, il n’est pas rare d’entendre encore un pigeon ramier être appelé « tourterelle » ou inversement. Pour le chasseur, cette confusion peut avoir des conséquences importantes puisque toutes les espèces ne bénéficient pas du même statut réglementaire. Savoir identifier un oiseau avant le tir fait partie des bases de l’éthique cynégétique. Morphologie, plumage, comportement, chant ou statut de chasse : voici les clés pour ne plus jamais se tromper.
Pigeon et tourterelle : une même famille mais deux silhouettes bien différentes
Pigeons et tourterelles appartiennent tous deux à la famille des Columbidés, mais ils présentent des différences faciles à observer. Le pigeon affiche une silhouette puissante. Son corps est trapu, sa poitrine développée, son cou relativement épais et sa tête bien proportionnée. Son vol est rapide, avec des battements d’ailes énergiques. La tourterelle, au contraire, possède une allure beaucoup plus élégante. Son corps est plus fin, sa tête plus petite, son cou plus gracile et surtout sa queue est nettement plus longue et effilée. Même lorsqu’elles mesurent pratiquement la même longueur, les tourterelles paraissent toujours plus légères que les pigeons. Sur le terrain, cette différence de silhouette reste souvent le premier critère d’identification.
Les pigeons présents en France
Trois espèces de pigeons sont régulièrement observées dans l’Hexagone.
Le plus connu des chasseurs est évidemment le pigeon ramier (Columba palumbus). C’est également le plus gros. Il se reconnaît immédiatement grâce aux larges taches blanches situées de chaque côté du cou ainsi qu’à la bande blanche visible sur les ailes en vol. Son plumage gris bleuté et sa poitrine rosée complètent son identification. Il est nommé palombe par les chasseurs au sud de la Loire.

Le pigeon colombin (Columba oenas) est beaucoup plus discret. Plus petit que le ramier, il ne présente aucune tache blanche sur le cou. Son plumage est uniformément gris avec quelques reflets verts métalliques.

Enfin, le pigeon biset (Columba livia) est l’ancêtre des pigeons domestiques. Très présent en ville, il existe sous de nombreuses formes de couleur. Les populations sauvages subsistent toutefois sur certains secteurs rocheux du littoral.

Quels pigeons sont chassables ?
Le pigeon ramier est naturellement l’espèce la plus recherchée par les chasseurs français. Le pigeon colombin est également une espèce gibier, sous réserve des périodes d’ouverture définies localement. Le pigeon biset sauvage peut lui aussi être chassé dans certaines conditions, mais il convient de distinguer les véritables populations sauvages des pigeons domestiques retournés à l’état libre.
Les tourterelles que l’on rencontre en France
Deux espèces dominent largement.
La tourterelle turque (Streptopelia decaocto) est aujourd’hui omniprésente près des habitations. Son plumage beige rosé et surtout son célèbre collier noir sur la nuque permettent une identification immédiate. Elle est sédentaire et fréquente volontiers les villages, les fermes et les jardins.

La tourterelle des bois (Streptopelia turtur) est beaucoup plus discrète. Son plumage est plus coloré avec des écailles rousses sur les ailes. Migratrice, elle fréquente les lisières forestières, les haies et les paysages agricoles.

Quelles tourterelles peuvent être chassées ?
C’est aujourd’hui l’un des points les plus importants.
La tourterelle des bois fait l’objet d’un suivi de la chasse en France depuis plusieurs saisons en raison du déclin marqué de ses populations à l’échelle européenne. Son prélèvement est actuellement réalisé sous quota.

La tourterelle turque, en revanche, reste chassable dans plusieurs départements, selon les modalités prévues par la réglementation locale. Avant toute sortie, il est indispensable de consulter les arrêtés préfectoraux en vigueur. Cette différence de statut impose une identification rigoureuse avant tout tir.
Le plumage permet souvent de lever le doute
Le pigeon présente généralement un plumage gris plus froid avec des reflets métalliques verts ou violets sur le cou.
Chez le ramier, les fameuses taches blanches sont visibles même à bonne distance.
Les tourterelles arborent des teintes beaucoup plus chaudes, allant du beige au brun clair. Chez la tourterelle turque, le collier noir constitue le meilleur critère visuel. La tourterelle des bois se distingue quant à elle par ses ailes couvertes de fines écailles rousses et noires.
Le comportement est également révélateur
Les pigeons aiment les grands vols et les déplacements rapides entre cultures, bois et dortoirs. Leur vol est puissant et direct. Les tourterelles évoluent plus souvent seules ou en couple. Leur vol paraît plus léger, avec une queue longue bien visible. Le chant constitue également un excellent indice. Le pigeon ramier émet un roucoulement grave et profond alors que les tourterelles produisent des vocalises plus douces et plus répétitives.

Une identification indispensable pour le chasseur
Pour le chasseur, reconnaître une espèce ne relève pas uniquement de la culture naturaliste. C’est une obligation qui participe directement à une chasse responsable. En période estivale notamment, lorsque jeunes pigeons et tourterelles fréquentent les mêmes secteurs agricoles, une observation attentive reste indispensable avant de monter le fusil à l’épaule. La silhouette, la queue, le plumage et le comportement permettent, dans la plupart des cas, d’éviter toute erreur. Une bonne connaissance des différentes espèces présentes sur son territoire constitue finalement l’une des meilleures garanties d’une pratique conforme à la réglementation… mais aussi respectueuse du gibier.