Réduire les collisions avec les sangliers : la FDC 31 au cœur d’un partenariat inédit avec tous les acteurs

Chaque année en France, les collisions entre véhicules et faune sauvage représentent un enjeu majeur de sécurité publique. Selon les estimations disponibles, près de 40 000 collisions sont déclarées chaque année, soit plus de 110 accidents par jour, pour un coût évalué à près de 200 millions d’euros de dégâts matériels, mais aussi avec des vies humaines en jeu. Dans ce contexte, les gestionnaires d’infrastructures de transport cherchent à mieux anticiper les déplacements de la grande faune afin de réduire les risques pour les usagers. En Haute-Garonne, où 390 collisions impliquant des animaux sauvages ont été recensées en 2025, la Fédération Départementale des Chasseurs (FDC 31) a décidé de passer à l’action. Aux côtés de SNCF Réseau, Vinci Autoroutes, des services de l’État et des lieutenants de louveterie, elle expérimente de nouvelles solutions pour limiter les accidents impliquant notamment les sangliers.

Un enjeu de sécurité qui concerne routes et voies ferrées

Si les collisions routières avec le grand gibier sont les plus médiatisées, les infrastructures ferroviaires sont également confrontées à ce phénomène. En 2024, SNCF Réseau a enregistré 2 562 collisions avec des animaux, un chiffre qui englobe aussi bien la faune sauvage que du bétail ayant pénétré sur les voies. Ces incidents ont provoqué 302 343 minutes de retard sur le réseau ferroviaire français et engendré un coût estimé à 2,17 millions d’euros, hors circulation des TGV. La SNCF souligne par ailleurs qu’une collision avec un grand mammifère, comme un sanglier ou un cervidé, peut occasionner des dommages considérables sur le matériel roulant. Dans certains cas, la facture peut dépasser 150 000 euros pour un seul train. Face à ces enjeux humains, techniques et économiques, la prévention apparaît aujourd’hui comme la solution la plus efficace.

La FDC 31 au cœur d’un partenariat inédit

Pour répondre à cette problématique, la Fédération des chasseurs de la Haute-Garonne a engagé un travail de terrain avec plusieurs partenaires majeurs : SNCF Réseau, Vinci Autoroutes, les services de l’État et l’Association des Lieutenants de Louveterie. Les données recueillies grâce aux suivis de terrain et aux outils de cartographie permettent d’identifier les secteurs les plus fréquentés par le grand gibier aux abords des infrastructures de transport. La Haute-Garonne constitue un territoire particulièrement concerné puisque 390 collisions avec la faune sauvage ont été recensées en 2025. Cette démarche vise à anticiper les déplacements des animaux plutôt qu’à intervenir uniquement après les accidents.

Des expérimentations pour éloigner durablement les sangliers des infrastructures

La stratégie portée par la FDC 31 repose sur plusieurs leviers complémentaires. Parmi les mesures envisagées figurent le débroussaillement de la végétation dense qui borde certaines voies ferrées et portions autoroutières afin de rendre ces secteurs moins attractifs pour les sangliers. Des pièges opérés par les lieutenants de louveterie pourraient également être déployés dans les zones identifiées comme les plus sensibles. Enfin, l’installation d’effaroucheurs à ultrasons en lisière de certains boisements fait partie des solutions actuellement testées pour modifier les habitudes de déplacement des animaux.

Une récente réunion de terrain a permis aux différents partenaires de dresser un premier bilan des suivis de présence de grands mammifères et de définir une ébauche de plan d’intervention. Les prochains mois seront consacrés à la finalisation des aménagements, à l’identification des propriétaires concernés et à la validation du financement de l’opération. Si le calendrier est respecté, les premiers travaux pourraient être engagés dès l’hiver 2026-2027. Une initiative qui illustre le rôle croissant des fédérations de chasseurs dans la prévention des risques liés à la grande faune et dans la recherche de solutions concrètes au service de la sécurité de tous.

Crédit photo : FDC31 Baze Productions.

Cet article est paru en premier sur CHASSONS