Biscotte reprend la route : la chaleur freinait-elle vraiment les sangliers ?

Les lecteurs de Chassons.com connaissent désormais bien Biscotte. Cette laie suivie par GPS dans l’Aveyron nous offre, chronique après chronique, un regard exceptionnel sur la vie quotidienne des sangliers et leur adaptation aux conditions environnementales. Après plusieurs semaines marquées par une chaleur précoce et particulièrement intense pour un mois de mai, les nouvelles données recueillies apportent un enseignement intéressant, car dès le retour de températures plus clémentes entre le 30 mai et le 13 juin, Biscotte a considérablement élargi son rayon d’action. Son territoire d’exploration est ainsi passé d’environ 60 à 120 hectares. Une évolution spectaculaire qui semble confirmer ce que de nombreux chasseurs observent sur le terrain. Les fortes chaleurs influencent directement les déplacements des sangliers, mais jusqu’à quel point ? Les dernières pérégrinations de Biscotte apportent quelques éléments de réponse.

Quand les températures baissent, Biscotte voit plus grand

Durant l’épisode caniculaire précoce du mois de mai, les déplacements de Biscotte s’étaient nettement réduits. Comme beaucoup d’animaux sauvages, la laie semblait privilégier l’économie d’énergie en limitant ses mouvements aux secteurs les plus favorables. Avec le retour d’une météo plus respirable, ponctuée d’orages et de températures plus modérées, son comportement a changé. En seulement deux semaines, la surface explorée a doublé pour atteindre près de 120 hectares. Un constat qui illustre parfaitement l’impact des conditions climatiques sur l’activité des sangliers et qui pourrait expliquer certaines variations observées localement par les chasseurs au cours du printemps.

Des remises favorites auxquelles elle reste fidèle

Si Biscotte a élargi son aire de déplacement, elle n’a pas pour autant abandonné ses habitudes. Les données GPS montrent notamment qu’elle continue de fréquenter régulièrement trois zones de remise privilégiées. Cette fidélité à certains secteurs de repos est particulièrement intéressante. Malgré l’augmentation de ses déplacements, la laie revient systématiquement dans ces refuges qui semblent lui offrir sécurité, tranquillité et probablement de bonnes conditions thermiques. Cette alternance entre exploration et retour à des zones de confiance constitue l’un des traits caractéristiques du comportement des sangliers adultes.

Ravins, ruisseaux et dénivelés : une infatigable exploratrice

Les dernières localisations révèlent également une remarquable capacité à franchir les obstacles du relief. Tantôt en rive droite du ruisseau de Saint-Marc, tantôt en rive gauche du ruisseau d’Auguié, Biscotte multiplie les allers-retours sans paraître gênée par les dénivelés. Elle a même franchi le ravin de La Roque et a poussé ses explorations jusqu’aux travers de Madrières, près de Saint-Hippolyte au sud, tout en montant au-dessus de Caupels vers le nord. Une nouvelle démonstration de la mobilité de l’espèce lorsque les conditions deviennent favorables. Au fil des mois, Biscotte continue ainsi de livrer de précieux enseignements sur l’écologie du sanglier. Et si cette nouvelle étape confirmait finalement ce que beaucoup pressentaient déjà : en période de forte chaleur, les sangliers ne disparaissent pas, ils lèvent simplement le pied. Merci à la FDC de l’Aveyron pour ce partage de données !

Crédit Photo FDC Aveyron

Cet article est paru en premier sur CHASSONS