Par décret du président de la République pris en Conseil des ministres le 19 juin 2025 Anne-Laure Cattelot a été nommée présidente du conseil d’administration de l’Office national des forêts. Elle succède à Jean-Yves Caullet, dont le mandat arrivait à échéance. Une nomination très politique qui soulève déjà des controverses. Car Anne-Laure Cattelot conserve aussi son poste de directrice associée d’un gros cabinet de lobbying parisien.
Le parcours d’ Anne-Laure Cattelot
Diplômée de l’institut d’études politiques de Lille, Anne-Laure Cattelot, conseillère municipale d’Avesnes-sur-Helpe, a été députée du Nord entre 2017 et 2022. Elle s’est vu confier deux missions par le Premier ministre, Edouard Philippe. L’une sur l’avenir de la filière forêt-bois en janvier 2020. L’autre sur les plateformes d’accélération vers l’industrie du futur en octobre 2018.
Dans son rapport intitulé « la forêt et la filière bois à la croisée des chemins : l’arbre des possibles », elle formulait 19 recommandations pour permettre à la forêt française de traverser la « tempête silencieuse » du changement climatique tout en continuant à produire du bois pour décarboner l’économie. Elle proposait notamment de créer un fonds pour l’avenir des forêts, soulignant l’enjeu crucial du renouvellement forestier.
« Je suis très honorée de me voir confier la présidence du conseil d’administration de ce bel établissement dont la mission est au cœur des politiques de transition et d’adaptation au changement climatique. Engagée depuis de longues années dans la défense de l’ONF, je connais la compétence de ses personnels et leur sens de l’intérêt général. Dans ce moment charnière de négociation du prochain contrat avec l’Etat, qui tracera la stratégie de l’institution pour les cinq prochaines années, vous pouvez compter sur ma détermination, aux côtés de la directrice générale, pour que l’ONF joue pleinement son rôle et relève les défis du changement climatique ». – Anne-Laure Cattelot.
Une nomination qui fait pas l’unanimité
La nouvelle présidente de l’ONF l’annonce ouvertement. Si elle est fière de prendre la tête de l’ONF elle a le « plaisir de continuer [sa] vie personnelle chez ESL Rivington ». Son employeur, Alexandre Medvedowsky, ne s’en cache pas : cette nomination est une très belle opportunité pour son entreprise.
Or, parmi les clients d’ESL Rivington : la Fédération nationale du bois. Dont les entreprises membres travaillent toutes avec l’ONF. L’ONF tirant d’ailleurs essentiellement ses revenus de la coupe des arbres. « Je m’interdis de toucher à ce contrat », assure-t-elle au média Politico. Et de préciser : « On peut s’investir dans les secteurs public et privé. Sans jamais compromettre l’intégrité de l’un ou de l’autre ».
Des réactions dans le monde du lobbying ne se sont pas fait attendre. « Je n’ai pas encore vu de cas de lobbyiste nommé à une fonction publique, tout en restant dans son cabinet », s’étrangle sous couvert d’anonymat un professionnel dans un cabinet parisien. « C’est un gros foutage de gueule », s’énerve le patron d’un autre cabinet.