
La chasse française fait face à une réalité souvent sous-estimée : celle des abandonnistes. Une récente étude d’envergure menée auprès de plus de 9 000 anciens chasseurs met en lumière des profils variés, loin des clichés, et surtout des leviers concrets pour réactiver cette passion mise en pause.
Des abandonnistes « vieillissants »
Premier constat : l’abandon n’est que rarement un rejet de la chasse elle-même. Il est, dans la majorité des cas, contraint. Santé déclinante, manque de temps, pression familiale ou coût de la pratique dessinent les contours d’une communauté silencieuse mais toujours attachée à ses racines cynégétiques. Le profil du « vieillissant », représentant 20 % des abandons, illustre une réalité biologique implacable, mais aussi un isolement progressif. À l’inverse, les actifs de 30 à 45 ans évoquent un arbitrage difficile entre vie familiale et engagement au territoire.
Un problème financier ?
Le facteur économique pèse également lourd : 15 % des anciens chasseurs évoquent un coût devenu incompatible avec leur quotidien. Pourtant, ces profils restent parmi les plus enclins à revenir, preuve que la motivation demeure intacte. Plus surprenant encore, une minorité exprime un malaise éthique ou social. Ambiance dégradée, pression extérieure ou perte de sens viennent fragiliser le lien avec la pratique. Un signal faible, mais à ne pas négliger. Fait marquant : plus d’un ancien chasseur sur deux envisage de reprendre le fusil. Un chiffre qui doit interpeller. Car derrière chaque abandon, il y a un potentiel retour. La clé ? Adapter la chasse aux réalités contemporaines : accessibilité financière, souplesse dans les pratiques, renforcement du collectif. Plus que jamais, l’avenir de la chasse passera par notre capacité à accueillir… et à faire revenir.
Une enquête IFOP très complète
Il y a d’autres aspects dans cette étude qui sont très intéressants et sur lesquels nous reviendrons prochainement. L’enquête quantitative a été menée auprès d’un échantillon de 9 181 personnes ex-chasseurs : 7623 abandonnistes, 657 personnes qui ont échoué à l’examen du permis de chasse, 901 qui ont réussi à l’examen du permis de chasse, mais qui n’ont jamais pris leur validation . Terrain d’enquête réalisé entre le 27 octobre et le 17 novembre 2025.
