
Cet hiver aura laissé des traces dans de nombreux territoires de chasse du Sud-Ouest. Après les dégâts constatés sur de nombreuses palombières dans les forêts du Sud-Ouest, ce sont désormais d’autres installations traditionnelles qui révèlent les conséquences des tempêtes et des intempéries de ces derniers mois. Sur le lac de Lacanau, en Gironde, les chasseurs à la tonne viennent en effet de dresser un premier bilan après la tempête Nils et les fortes pluies de février comme le montre le journal Sud-Ouest. La montée des eaux, associée au vent et à la houle, a fragilisé plusieurs cabanes installées sur les rives et les petits îlots du lac. Un patrimoine discret mais emblématique de la chasse au gibier d’eau qui devra être réparé avant la prochaine saison.
Un patrimoine discret du lac de Lacanau
Sur les rives du lac de Lacanau, vaste étendue d’eau douce de près de 2 000 hectares, on aperçoit parfois de petites cabanes de bois presque invisibles dans les roseaux ou la végétation. Ces installations, appelées “tonnes”, sont utilisées pour la chasse au gibier d’eau. Il en existe un peu plus d’une trentaine sur le lac, principalement sur la rive est où les fonds sont moins profonds et les pentes plus douces. Certaines sont installées directement sur la berge, d’autres sur de petits îlots naturels appelés localement “poujos”, que les chasseurs entretiennent pour éviter qu’ils ne disparaissent sous l’effet de l’érosion. Toutes ces installations sont implantées sur le domaine public communal et fonctionnent grâce à des autorisations délivrées par la municipalité et une convention avec l’Association communale de chasse agréée (ACCA).
Les tempêtes hivernales ont malmené plusieurs tonnes
Après le passage de la tempête Nils et les épisodes pluvieux de février, les chasseurs ont entrepris un tour du lac pour vérifier l’état des installations. Accompagnés de la police municipale du lac, les responsables de l’ACCA ont pu constater plusieurs dégâts. Certaines tonnes ont été envahies par l’eau, d’autres ont été fragilisées par les vents et la houle, et quelques cabanes présentent des affaissements ou des structures endommagées. La montée du niveau du lac, rarement observée à ce point ces dernières années, a particulièrement touché les installations situées au ras de l’eau ou sur les petits îlots sableux.
Réparer avant l’ouverture de la chasse au gibier d’eau
Pour les chasseurs de Lacanau, l’heure est désormais à l’évaluation et à la remise en état. La saison de chasse au gibier d’eau ne débutera qu’au mois d’août, mais plusieurs mois de travaux seront probablement nécessaires pour consolider certaines installations. Au-delà de leur fonction cynégétique, ces tonnes font partie de l’identité traditionnelle des zones humides du Médoc. Leur entretien repose souvent sur l’investissement personnel des chasseurs, attachés à préserver ces cabanes qui jalonnent les rives du lac depuis des générations. Après les palombières touchées dans les forêts, l’hiver rappelle ainsi une nouvelle fois combien les installations de chasse traditionnelles restent exposées aux caprices de la météo.
Crédit photo Julien Lestage