« Lors de la signature de l’édit de Nantes, en 1598, j’étais déjà un cembro prometteur. Je fus contemporain de la publication de L’Encyclopédie (1751), de la théorie darwinienne sur l’évolution des espèces (1859), des conflits mondiaux du XXe siècle et de tant d’événements pendant 400 ans. Sur ma souche tronçonnée – tout ayant une fin -, les forestiers ont fléché, grâce à mes cernes de croissance, quelques dates repères témoignant de ma longévité. Mais certains de mes compagnons restent bien campés sur leur socle racinaire car les hommes ont saisi la valeur patrimoniale de ma chère forêt d’altitude. »
ARBRES SÉCULAIRES
Les visiteurs garent leur véhicule près du refuge de l’Orgère, sur les hauteurs de Modane, au cœur du massif de la Vanoise, avant de suivre à pied le sentier aménagé pour découvrir, entre 1 900 et 2 300 m d’altitude, soit en limite supérieure de la forêt alpine, des résineux séculaires: pins cembros (ou arolles) donc, mais aussi des mélèzes de 650 ans.
L’histoire narrée par un pin cembro, porte-parole depuis 65 ans d’une communauté de résineux multicentenaires.
Association de bienfaiteurs
Entre le pin cembro et le cassenoix moucheté, l’entente est sans faille : au joli corvidé les graines du résineux, dont il fait provision en automne. L’arbre consent à ce sacrifice car il profite de l’étourderie de l’oiseau qui perd parfois ce qu’il cache, semant ainsi des jeunes pins.
Pin cembro et cassenoix moucheté, une alliance naturelle
Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS