Que planter à la place des bulbes de printemps morts ?
Après l’explosion de couleurs des tulipes, narcisses ou crocus, il reste souvent un massif troué, avec quelques feuilles qui jaunissent tristement. Beaucoup de jardiniers pensent alors que les bulbes sont « morts » et rêvent de tout remettre à neuf. Pourtant, sous la surface, l’histoire est rarement aussi simple.
Ces zones dénudées peuvent devenir le point faible du jardin… ou sa meilleure surprise estivale. Tout se joue dans ce que vous allez planter à la place des bulbes de printemps fatigués, et dans la façon de le faire pour ne pas condamner la floraison de l’année suivante.
Bulbes de printemps défleuris : préserver ce qui peut encore fleurir
Les spécialistes d’un guide de jardinage américain rappellent une règle clé : « La première règle paraît simple, mais elle évite bien des soucis au jardin : ne coupez pas le feuillage encore vert des bulbes simplement parce que les fleurs ont fané », écrivent-ils. Ces feuilles assurent la photosynthèse et reconstituent les réserves du bulbe pour l’an prochain. On attend que le feuillage jaunit et se couche presque au sol avant de l’enlever en douceur.
Si vos bulbes sont vraiment perdus (bulbes pourris, jamais ressortis, dégâts de rongeurs), le terrain est libre pour tout replanter. S’ils sont encore en place, mieux vaut glisser les nouvelles plantes autour, sans retourner toute la plate-bande. Pour tout nouveau bulbe que vous ajoutez, le jardinier Vincent Bordeaux rappelle une règle simple : « Profondeur = 2 à 3 fois la hauteur du bulbe ». Un sol bien drainé et une lumière suffisante restent indispensables pour qu’il s’installe.
Que planter à la place des bulbes de printemps morts : annuelles, vivaces et couvre-sols
Pour un effet rapide, les fleurs annuelles sont les meilleures alliées. Zinnias, œillets d’Inde, pétunias, cosmos ou bégonias comblent vite les trous laissés entre les touffes de tulipes. On les plante avec une petite truelle étroite, en faisant des trous ponctuels entre les bulbes, plutôt qu’un grand sillon qui les abîmerait. Au soleil, zinnias, cosmos et œillets d’Inde supportent bien la chaleur ; à mi-ombre, les bégonias se montrent plus à l’aise.
Pour une solution durable, des vivaces et couvre-sols peuvent assurer le relais chaque année :
- Vivaces à feuillage généreux : hostas, heuchères, géraniums vivaces qui masquent progressivement le feuillage jauni.
- Vivaces fleuries : hémérocalles, sauges vivaces, népétas, qui prennent le relais en fleurs de la fin du printemps à l’été.
- Couvre-sols : thym serpolet, petits sedums pour remplir les interstices en sol bien drainé.
On évite les espèces trop envahissantes qui étoufferaient les bulbes et compliqueraient tout futur arrachage. L’idée est de créer une sorte de « relais » visuel : les bulbes ouvrent le bal, ces plantes prennent la suite et cachent la phase moins jolie.
Remplacer par des bulbes d’été : idées faciles pour un relais de floraison
Autre option très efficace : profiter de ces trous pour installer des bulbes d’été et d’automne. Le site Homes & Gardens recommande d’attendre que « le gel soit passé » et que le sol soit travaillable pour les mettre en terre. Crocosmia, freesias, nérines, iris barbus, lis ananas (Eucomis), glaïeuls ou lis orientaux assurent un jardin coloré de juin jusqu’en automne. On les ajoute en petits groupes, légèrement décalés des bulbes de printemps pour ne pas les percer en plantant.
La règle de profondeur « 2 à 3 fois la hauteur du bulbe » fonctionne pour la plupart, avec quelques repères utiles : les glaïeuls et les lis ananas se mettent à environ 10 à 15 cm de profondeur, quand les freesias se contentent d’environ 5 cm. Les variétés frileuses comme les glaïeuls, freesias ou certaines nérines gagnent à être plantées dans des paniers à bulbes, que l’on ressort en fin de saison pour stocker les cormes au sec. Laura Janney, spécialiste de jardin, conseille à propos des lis orientaux : « Je recommande de planter en touffes pour créer un vrai impact ». De quoi transformer un massif de bulbes défleuris en décor qui reste vivant tout l’été.
Sources

Cet article est paru en premier sur MON JARDIN MA MAISON.