Cet engrais naturel très à la mode ne doit plus jamais toucher vos choux : l’erreur coûteuse de nombreux jardiniers

Gardez cet engrais naturel éloigné des plantes de brassicacées

Dans les rayons jardin, les sachets d’engrais mycorhizien se multiplient, vendus comme une solution naturelle pour des racines plus puissantes, des plantes plus résistantes et des récoltes XXL. Beaucoup de jardiniers ont alors le réflexe d’en saupoudrer partout, y compris sur les rangs de choux, de brocolis ou de radis. Pourtant, une grande famille de légumes ne réagit pas du tout comme les autres à ces champignons dits « bénéfiques ».

La famille des Brassicacées fait partie des rares groupes de plantes qualifiés de non mycorhiziens par les agronomes, et plusieurs fabricants d’inoculants précisent même dans leurs notices que leurs produits ne colonisent pas les choux, colzas ou moutardes. Autrement dit, cet engrais naturel très à la mode peut être totalement inutile sur ces légumes. La clé se cache dans une petite molécule au goût piquant bien connu en cuisine.

Engrais mycorhizien : utile pour la plupart des plantes, pas pour les brassicacées

Un engrais mycorhizien est en réalité un mélange de spores de champignons que l’on ajoute au sol pour favoriser la formation de mycorhizes, ces associations entre racines et champignons. Ils n’apportent pas d’azote, de phosphore ou de potassium au sens classique, mais ils aident les plantes à mieux absorber l’eau et surtout le phosphore. Des sources techniques rappellent qu’environ 80 à 90 % des plantes terrestres s’appuient sur ces réseaux fongiques, en particulier tomates, poivrons, courges, arbres fruitiers ou rosiers.

Sur les emballages, ces produits sont parfois présentés comme adaptés à « tout le jardin ». Dans les fiches techniques détaillées, le discours change : des gammes à base de champignons mycorhiziens indiquent que les choux, le colza, la moutarde, mais aussi d’autres familles comme les betteraves, ne sont pas réellement colonisés. Sur une planche composée uniquement de brassicacées, les champignons restent donc sans hôte, inactifs, voire se reportent sur les racines de mauvaises herbes ou de plantes voisines qui, elles, profitent du traitement.

Pourquoi les choux et autres brassicacées rejettent les mycorhizes

Les Brassicacées rassemblent au potager les choux pommés, choux-fleurs, brocolis, choux de Bruxelles, radis, navets, rutabagas, roquette, moutarde, colza, mais aussi pak choï ou mizuna. Toutes partagent des fleurs à quatre pétales en forme de croix et un goût souvent piquant ou amer. Ce profil vient de composés soufrés très spécifiques, les glucosinolates, présents dans toute la famille, des radis jusqu’au raifort.

Ces glucosinolates, responsables par exemple du piquant de la moutarde, se transforment dans le sol en molécules très actives contre de nombreux champignons. Des ressources agronomiques expliquent que ce bouclier chimique repousse aussi les champignons mycorhiziens : ils ne parviennent pas à coloniser la zone racinaire. Les brassicacées sont donc décrites comme amycorhiziennes, ou non mycorhiziennes, et ont développé des systèmes racinaires très efficaces pour capter seules l’eau et les nutriments. Elles figurent même parmi les légumes les plus sensibles au surdosage d’engrais, ce qui rend tout apport superflu encore plus problématique.

Comment fertiliser vraiment les brassicacées sans engrais mycorhizien

Sur une planche composée uniquement de choux, navets ou brocolis, ajouter un inoculant mycorhizien revient à laisser un produit coûteux sans réelle utilité dans le sol. Certaines analyses soulignent que ces apports répétés peuvent modifier l’équilibre microbien, parfois au profit de champignons opportunistes ou de mauvaises herbes, alors que les brassicacées continuent à bloquer l’installation des mycorhizes. Le réseau fongique reste en attente, les légumes n’en tirent aucun bénéfice, et l’argent investi ne se voit pas sur la récolte.

Pour ces légumes, la bonne stratégie consiste à répondre à leurs forts besoins en azote, en calcium et en soufre par des apports adaptés. Des techniciens recommandent une fertilisation de fond avant semis ou repiquage avec un engrais organique complet, complété par du compost mûr ou du fumier bien décomposé. Un rappel léger en cours de culture au pied des plants suffit ensuite, car les brassicacées réagissent mal aux excès. Utiliser du fumier cru reste une erreur classique à éviter, car il peut brûler les racines et introduire des agents pathogènes dans la planche de culture.

Cet article est paru en premier sur MON JARDIN MA MAISON