Classement du Grand tétras et du lagopède alpin : la FDC 31 dénonce cette décision

La Fédération Départementale des Chasseurs de Haute Garonne dénonce dans une publication cette décision brutale de la ministre. Son analyse résume parfaitement le sentiment d’incompréhension des chasseurs hautement impliqués dans la conservation de ces deux espèces. Car force est de reconnaître que seuls les chasseurs prennent de leur temps …. et de leur finances, pour s’occuper années par années de ces oiseaux emblématiques.

Classement du Grand tétras et du lagopède alpin : une décision brutale

C’est avec une certaine stupeur que nous avons découvert, par voie de presse, le projet de la Ministre de la Transition Ecologique de classer le Grand Tétras et le Lagopède alpin en espèces protégées.

Une décision brutale, unilatérale. Semblant davantage répondre à certaines pressions qu’à une analyse équilibrée des réalités de terrain. Et dépassant largement les récentes demandes du Conseil d’Etat. Une annonce sans concertation avec les acteurs de terrain et les Fédérations des Chasseurs. Pourtant directement engagés dans la connaissance et la gestion de ces espèces depuis plusieurs dizaines d’années.

Cette manière de procéder déplorable interroge. Elle appelle, de la part de notre Fédération, une mise au point claire et sans ambiguïté.

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Qui assurent suivis et conservation de ces espèces ?

Depuis des années, la Fédération Départementale des Chasseurs de la Haute-Garonne, aux côtés des chasseurs de montagne, assure l’essentiel du suivi de ces espèces pour le compte de l’Etat et de ses partenaires. Comptages protocolés, observations, collecte de données. Ce travail est reconnu pour sa rigueur par la DREAL Occitanie et l’OFB eux-mêmes. Reposant sur un réseau structuré, compétent, et sur un engagement bénévole massif de nos chasseurs.

Ces données, transmises à l’Etat pour orienter ses politiques de gestion des galliformes de montagne, ont d’ailleurs abouti à la mise en place du moratoire actuel sur le Grand Tétras en 2022. Ce moratoire, accepté avec responsabilité par les chasseurs, a permis d’améliorer significativement les connaissances scientifiques concernant l’impact réel de la chasse. Il a ainsi montré une réalité que nul ne peut ignorer :

« l’arrêt de la chasse, à lui seul, n’est pas un levier déterminant de la dynamique des populations. Autrement dit, la chasse n’est pas le facteur limitant du Grand Tétras ».

C’est précisément pour répondre à cette complexité qu’avait été construite, avec l’État, une gestion adaptative, fondée sur la science et l’observation de terrain.

Aujourd’hui, le projet de classement du Grand tétras et du lagopède alpin remet en cause cet équilibre.

Dans ces conditions, la Fédération des Chasseurs de la Haute-Garonne et ses chasseurs ne pourront plus être sollicités comme si rien n’avait changé. Si cette orientation politique est confirmée, la FDC31 en tirera toutes les conséquences. Y compris en reconsidérant sa participation aux instances de concertation. Mais aussi aux dispositifs de suivi et aux programmes de collecte de données.

Ainsi ses équipes techniques, ses adhérents, leurs véhicules, leurs chiens d’arrêt, leur matériel… ne seront plus mobilisés pour le compte de l’Etat. Si cette décision devait être entérinée, alors chacun devra prendre ses responsabilités.

Car il ne peut y avoir, d’un côté, une remise en cause des principes construits collectivement, et de l’autre, une attente implicite que le réseau cynégétique continue d’en assurer gratuitement la mise en œuvre.

Deux voies seront alors clairement ouvertes pour le Ministère et les soutiens de sa politique :

  • Assumer pleinement, sans les chasseurs, la mise en œuvre des politiques de suivi et de conservation. Avec les moyens humains, techniques et financiers nécessaires. Des moyens qui, jusqu’à présent, reposaient très largement sur l’engagement bénévole du réseau cynégétique.
  • Ou reconnaître pleinement le rôle de la Fédération. En assumant le coût réel des missions qui lui sont confiées, dans un cadre contractuel clair et renégocié.

Une chose est sûre : la FDC31 ne se dérobera pas. Mais elle n’acceptera pas non plus de porter seule, et gratuitement, les conséquences de décisions qu’elle n’aura pas choisies et pour lesquelles elle n’a même pas été consultée.

La FDC31 rappelle ainsi, s’il en était besoin, que les décisions politiques ont des conséquences. Lorsqu’elles sont guidées davantage par l’idéologie que par les réalités de terrain, elles ont un coût. Ce coût devra être assumé. Par ceux qui prennent ces décisions, comme par ceux qui auront à en répondre devant les contribuables.

𝐉𝐞𝐚𝐧-𝐁𝐞𝐫𝐧𝐚𝐫𝐝 𝐏𝐎𝐑𝐓𝐄𝐓 – Président de la Fédération Départementale des Chasseurs de la Haute-Garonne

Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS