Congrès de la FNC : Willy Schraen et les ESOD dont la gestion ne sert à rien selon une étude

Le débat vient d’une étude sur la gestion des ESOD faite par Frédéric Jiguet, ornithologue et biologiste au Muséum national d’Histoire naturelle. Elle explique en résumé qu’ « il n’y a aucune preuve tangible de bénéfices à détruire massivement des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts ». De quoi faire réagir le président des chasseurs lors du Congrès National à Deauville.

La gestion des ESOD coûte plus cher que leurs dégâts : oui mais qui gère les ESOD ? et qui paye ?

Pour Willy Schraen cette étude montre surtout que grâce aux chasseurs ces dégâts sont limitéq.

« Cette étude nous explique qu’aucun lien n’existe entre l’effort de destruction d’une année et les dégâts de l’année suivante. Les coûts de ces destructions évalués seraient jusqu’à 8 fois plus élevés que le montant des dégâts censés les justifier. Alors que les chasseurs et les piégeurs, comme tout le monde le sait, sont bénévoles !

Cette étude reconnaît donc en réalité notre travail à sa juste valeur, à savoir 130 millions d’euros ! 130 millions d’euros qui sortent de la poche des chasseurs et des piégeurs pour l’intérêt général ! Allez, Messieurs les parlementaires ici présents, on ne va pas chipoter, on fait 50/50 et je signe tout de suite !

Mais, je suis toujours surpris par le bon sens écolo. Cette pseudo-étude, qui n’est qu’un condensé très choisi de littératures sur la question, conclut que malgré la régulation de 1,7 million de nuisibles, la facture des dégâts ne baisse pas.

C’est très amusant comme conclusion. Personne n’a imaginé objectivement, que c’était peut-être grâce à ce niveau de régulation que les dégâts n’augmentent justement pas.

Il faut toujours être prudent quand on instrumentalise la science à des fins idéologiques !

Car si j’en reste à leur conclusion, cela veut aussi dire que le piégeage et la régulation de ces animaux n’ont aucun impact sur la dynamique des espèces. Car en prélevant 1,7 million d’animaux de façon constante chaque année, rien ne change pour les dégâts. Et cela ne dégrade en rien la biodiversité…

Avec un peu de vrai bon sens, on pourrait aussi se dire que le problème vient tout simplement du fait que pour constater du changement dans les dégâts, il suffirait d’augmenter les prélèvements !

Cher Monsieur Jiguet, je me demande finalement si cette étude très politique et très instrumentalisée, au timing parfait, alors que nous allons rediscuter bientôt la liste des nuisibles, ne serait pas dans le fond un catalogue d’arguments de défense des pro-ESOD pour les nouveaux combats à venir.

Une étude dangereuse pour les ESOD

Je pense sincèrement que votre plaidoyer pour interdire la nuisibilité de ces espèces pourrait d’ailleurs être très dangereux pour elles-mêmes.

Personne n’a envie de revivre les années sombres de la régulation anarchique, où la strychnine et la chloropicrine étaient les outils les plus communs pour faire diminuer rapidement une surpopulation d’animaux.

Même pour vous, Monsieur Jiguet, le mieux est l’ennemi du bien, et c’est cet extrémisme permanent en matière d’écologie ou d’animalisme qui finira par faire plus de mal que de bien à la nature que vous prétendez aimer passionnément.

Votre point de vue n’est en rien scientifique, il est l’émanation d’un idéalisme corrompu de la nature

Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS