Dans les Landes, la palombière renaît pour faire vivre cette magnifique chasse

Wood pigeon, Columba palumbus, Group of birds in flight, Warwickshire, December 2016

Au cœur des Landes, entre Classun et Renung, là où les pins dessinent l’horizon et où le temps semble suspendu à chaque passage de palombes, une histoire de résilience se joue loin du tumulte. Celle d’hommes attachés à leur terre, à leurs traditions, et à un lieu chargé de mémoire : leur palombière. Frappée de plein fouet par la tempête Nils en février 2026, elle n’est aujourd’hui plus qu’un enchevêtrement de bois brisé et de souvenirs ébranlés. Mais pour ces passionnés de chasse au filet, il n’a jamais été question de tourner la page.

Une tempête qui emporte bien plus que des arbres

Dans la nuit du 11 au 12 février, la tempête Nils a balayé une partie des Landes, laissant derrière elle un paysage meurtri. Sur les trois hectares de cette palombière, des dizaines de pins se sont effondrés, emportant avec eux la cabane principale, véritable cœur battant du site. Pour Patrick Bancon et ses compagnons, le choc est brutal. Ce lieu n’était pas seulement un poste de chasse, mais un refuge, un espace de partage et de transmission. Les murs portaient encore les traces de moments de vie avec repas conviviaux, discussions passionnées, souvenirs familiaux. En quelques heures, c’est toute une histoire qui semblait s’être effondrée.

La palombière, un héritage vivant et collectif

Car ici, la chasse à la palombe dépasse largement le simple geste cynégétique. Elle s’inscrit dans une tradition profondément enracinée dans le Sud-Ouest, où chaque saison est un rituel, chaque vol observé une émotion partagée. Pour Patrick Bazaillacq, comme pour ses amis, cette palombière est un héritage familial. Elle évoque les générations passées, les anciens qui ont transmis les gestes, les valeurs et l’amour de la nature. C’est aussi un lieu de lien social, où familles et amis se retrouvent, où les silences comptent autant que les mots. Assis sur un banc face à la forêt, on y parle parfois plus profondément qu’ailleurs. La nature impose son rythme, invite à la réflexion. Ce sont ces instants, invisibles mais essentiels, que la tempête a menacés d’effacer.

Se relever, ensemble, pour faire vivre la tradition

Mais face à la désolation, ces chasseurs ont choisi l’action. Après un moment de doute et de tristesse, ils ont décidé de reconstruire. Relever les pins, rebâtir la cabane, redonner vie à ce lieu unique.  Cette mobilisation dépasse désormais le cercle des initiés. Les énergies se rassemblent, les solidarités s’organisent. Car cette palombière est aussi un symbole d’un patrimoine local, d’un savoir-faire et d’un art de vivre qu’il serait impensable de laisser disparaître. Reconstruire, c’est bien plus que réparer. C’est affirmer que certaines traditions ont encore toute leur place aujourd’hui. C’est refuser l’oubli et choisir la transmission. Dans le bruissement des branches et l’attente des premiers vols, une certitude demeure : la palombière renaîtra pour cet automne. Parce qu’au-delà du bois et des filets, elle est portée par une passion indestructible d’un groupe de passionnés et une vraie tradition locale.

Cet article est paru en premier sur CHASSONS