Démission de la ministre de l’écologie : de nouvelles incertitudes pour le monde de la chasse

Monique barbut

Alors que le Parlement vient d’adopter définitivement la loi d’urgence agricole, la ministre de la Transition écologique s’apprête à quitter le gouvernement ce mercredi. Une décision qui, au-delà du seul dossier des pesticides, prive potentiellement le monde cynégétique de son ministre de tutelle à un moment charnière pour les dossiers réglementaires en cours.

Le refus d’un débat sur les pesticides a précipité son départ.

Reçue ce mardi 21 juillet à la mi-journée par le Premier ministre, la ministre de la Transition Écologique Monique Barbut a fait savoir qu’elle remettrait sa démission au président de la République avant le Conseil des ministres de ce mercredi, considérant qu’on ne peut pas rester en poste tout en désapprouvant un texte que l’on a contribué à porter.

Ce n’est pourtant pas tant la possibilité offerte à l’agence sanitaire de réintroduire l’acétamipride et le flupyradifurone sous conditions, pour des filières comme la noisette, qui semble avoir motivé son départ, que le refus du gouvernement d’ouvrir une véritable discussion sur le sujet, alors même que Matignon s’était engagé publiquement à écarter cette mesure du texte.

Le monde cynégétique redoute désormais un vide à la tête du ministère.

Pour les chasseurs, cette démission tombe à un moment particulièrement mal choisi.

Plusieurs dossiers sensibles, à commencer par l’arrêté fixant les modalités de régulation des ESOD (espèces susceptibles d’occasionner des dégâts), attendent une validation ministérielle et l’absence prolongée d’un titulaire à ce poste pourrait bien causer des retards conséquents.

Il faudrait alors espérer qu’un ministre délégué à la transition écologique, à l’image de Mathieu Lefèvre, vienne assurer l’intérim sur ces questions le temps qu’un successeur soit nommé.

Reste à savoir quel profil le président de la République choisira pour reprendre le ministère de la Transition Écologique.

Après une ministre déjà peu encline à défendre les intérêts ruraux, les chasseurs espèrent surtout ne pas hériter d’une personnalité qui soit clairement anti-chasse, ce qui ne simplifierait guère les échanges parfois difficiles avec un ministère de tutelle qui gère bien souvent la chasse en se pinçant le nez.

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