Doubs : le chamois de retour au centre des tensions… et des fantasmes animalistes

C’est reparti pour un tour. Comme chaque année, le plan de chasse du chamois dans le Doubs devient un sujet hautement inflammable dès que les chiffres des prélèvements sont évoqués. Pour la saison 2025-2026, entre 377 et 451 animaux pourraient être prélevés, selon les estimations de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS). Une décision rationnelle, concertée, et nécessaire, qui fait hurler, une fois de plus, les activistes de l’ASPAS.

Une gestion responsable… qui fait des vagues

Dans un département où la population de chamois est estimée à environ 1500 individus, les dégâts constatés sur les jeunes plantations forestières, les prairies d’altitude et les haies de régénération sont réels. Le broutement intensif (abroutissement) exercé par ces ongulés dans certaines zones compromet à la fois le renouvellement forestier et l’équilibre agro-sylvo-cynégétique, pilier d’une gestion durable des territoires. C’est pourquoi la commission de la faune sauvage — instance pluraliste réunissant services de l’État, FDC 25, agriculteurs, forestiers, OFB, lieutenants de louveterie, scientifiques et associations environnementales — a validé ces fourchettes de prélèvement. Un choix réfléchi, mesuré, et adapté aux enjeux du terrain.

L’ASPAS en mode panique médiatique

Mais évidemment, qui dit plan de chasse dit crise de nerfs chez l’ASPAS, dont le porte-parole local Jean Chapuis multiplie les sorties médiatiques : « C’est 451 de trop ! Il faut un cessez-le-feu ! ». « Les chasseurs poursuivent le massacre ! ». « La nature est en guerre contre le préfet ! ». Un lexique martial, une rhétorique catastrophiste, et un mépris total pour les réalités de terrain. Les forestiers, eux, savent ce que vaut un hiver de surdensité de chamois. Mais pour ces défenseurs de la nature à géométrie variable, tout est bon pour instrumentaliser l’émotion et jouer de la corde sensible. Bardot elle-même s’était invitée dans le débat l’an dernier avec sa fameuse lettre ouverte au préfet. De l’agit-prop plus que de la raison.

Le mythe de la raréfaction

Autre élément mobilisé cette année : la baisse supposée des effectifs. L’ASPAS parle de 2500 chamois abattus en cinq ans dans le Doubs. Et alors ? C’est précisément le rôle d’un plan de gestion que d’ajuster les prélèvements à l’évolution démographique d’une espèce. On notera au passage que le chiffre de 1500 individus annoncé par l’ASPAS reste invérifiable, et souvent très éloigné des évaluations de terrain réalisées par les chasseurs et l’OFB. De plus, le fait que les chasseurs n’aient pas atteint les quotas l’an dernier (370 chamois prélevés sur 425 à 594 autorisés) montre que la pression n’est pas excessive. Elle est proportionnée, encadrée, et soumise à contrôle, loin des fantasmes de « massacre » véhiculés par les militants.

La régulation, ou le chaos

Sans action cynégétique, la surpopulation de chamois entraînerait une pression accrue sur la végétation, un affaiblissement des individus, une augmentation des pathologies parasitaires et une multiplication des conflits avec les activités humaines. Laisser faire serait non seulement irresponsable, mais contraire aux principes mêmes de la gestion durable de la faune sauvage. Rappelons que ces actions sont encadrées par arrêté préfectoral, soumises à consultation publique (jusqu’au 31 juillet), et pilotées dans une logique de cohabitation raisonnée entre homme et nature. Ceux qui crient à la guerre écologique feraient bien de retourner sur le terrain , pas sur X (ex-Twitter).