Elle n’a pas promené son chien pendant 9 mois, et ce n’est pas une maltraitance selon les experts

D’ordinaire, on dit qu’il faut sortir un chien quotidiennement pour le stimuler physiquement et mentalement, mais aussi pour le socialiser au monde extérieur. Pourtant, c’est le comportement totalement inverse qui a été applaudi par une experte vétérinaire, dans une histoire qui a émue le Royaume-Uni. On vous explique.

Pourquoi le confinement d’un chien a été applaudi

Qu’est-ce qui peut pousser des professionnels de la santé canine à féliciter le comportement d’un propriétaire qui laisse son chien croisé Labrador-Border Collie de cinq ans à l’intérieur pendant neuf mois ? Dans l’histoire, il y a une succession d’événements malheureux, qui ont conduit le pauvre chien à être inadapté à la vie extérieure. La propriétaire de cette chienne prénommée Rogue a accepté de se confier au Mirror.

Au début de tout, il y a le confinement qui a eu lieu en 2020 puis en 2021, à la suite de la pandémie du COVID-19 : « J’ai vu une photo de Rogue apparaître sur le site web [d’une association canine roumaine] et elle était magnifique, plus que magnifique. J’ai dit à mon mari : « Je crois que c’est celle-là qu’on va adopter« . Elle est apparue et tout était absolument magnifique et elle s’est très bien adaptée. Mais ensuite, en décembre, nous avons eu le deuxième confinement, qui a duré environ six mois. » Pendant cette période où les sorties étaient autorisées mais restrictives, la chienne a traversé ses premières chaleurs ainsi qu’une période de peur. C’est là que tout a déraillé.

L’impossibilité de s’adapter au monde extérieur

La période des premières chaleurs indique un moment où la chienne peut avoir un pic d’anxiété et d’irritabilité. Les phases de peur que cette situation engendre rendent l’animal plus sensible à son environnement, et plus à même d’entretenir cette peur : « La chienne qui aboyait légèrement mais qui s’adaptait au monde extérieur est sortie du confinement en juin 2021, incapable de faire face aux changements. Quand les gens étaient dehors, les chiens étaient dehors, les voitures étaient là, nous avons très vite compris qu’elle ne pouvait tout simplement pas gérer les changements. »

Pour ne rien arranger, Rogue a été attaquée deux fois d’affilée dans la rue, par des chiens non-tenus en laisse. C’est après cette série d’incidents que la propriétaire a pris une décision radicale en arrêtant complètement les promenades. Heureusement, un petit jardin permettait à Rogue de faire « beaucoup d’exercices d’aérobic pour chiots, jouer à des jeux pour les occuper. Elle avait des tapis à renifler, des tapis à lécher, je cachais des morceaux de nourriture et je lui apprenais des tours. »

Une approche soutenue par une dresseuse canin

Si l’absence totale de promenades peut logiquement être vue avec scepticisme d’un point de vue extérieur, cette approche a été validée par Niki French, dresseuse canin propriétaire de la plateforme PupTalk, et qui a écrit un livre à ce sujet : « La promenade est une invention humaine. Une promenade typique peut se faire autour du pâté de maisons ou sur le chemin de l’école, sans temps pour renifler ni explorer. »

Elle ajoute, pour finir : « Certains chiens n’ont tout simplement pas les compétences nécessaires pour apprécier les promenades relaxantes. Et les exposer constamment à ce qui les gêne ne les habitue généralement pas. Cela ne fait que renforcer leurs réactions, car ils prennent l’habitude de réagir. »