Faits divers de braconnage : le hérisson passe d’espèce protégée à potentiel menu

hérisson pris en photo de jour près d'une mare en forêt

Dans la nuit du samedi 21 mars 2026, vers 23 h 40, la police municipale de Villefranche‑sur‑Saône (France) surprend deux hommes le nez dans l’herbe, scrutant le gazon avec une attention peu commune. Accompagnés de leur chien, les deux individus d’environ 25 et 32 ans sont en train de capturer… des hérissons. Ils sont déjà en possession de trois animaux, probablement aidés par le chien selon les enquêteurs. Le tout motivé, selon les aveux des suspects, par une raison des plus incongrues : ils voulaient les manger. Ce petit mammifère insectivore, souvent bienvenu dans nos jardins pour son rôle de régulateur naturel, est en réalité une espèce intégralement protégée en France, dont la capture est interdite (délit passible de lourdes sanctions).

Quand ‘niglo’ devient gibier : hérisson comestible ou poisson d’avril zoologique ?

Sur le plan culinaire, la question n’est pas si farfelue historiquement, dans plusieurs cultures, l’homo sapiens a déjà envisagé le hérisson comme source de nourriture. Des traces historiques indiquent que les Romains, certains peuples en Europe médiévale ou des communautés roms ont cuisiné des hérissons, souvent enveloppés dans de l’argile pour cuire la viande tout en se protégeant de l’animal piquant. Même si ces pratiques sont désormais rares, elles montrent qu’à une époque on pouvait manger du hérisson, notamment en période de disette ou parce que « c’était comme ça ». Mais attention : ce n’est pas un plat courant dans aucune gastronomie moderne, et dans les pays européens il est aujourd’hui surtout considéré comme un animal sauvage protégé et utile.

Le braconnage de hérissons : pas une première mondiale (ni la dernière de l’étonnant)

L’affrontement entre l’humain et le hérisson n’est pas un mythe. D’autres affaires de captures illégales, parfois massives, ont déjà été rapportées en France, notamment des individus condamnés pour avoir capturé des centaines de hérissons à des fins non autorisées, avec des sanctions pour préjudice écologique. Bref, ce genre de faits divers n’est pas strictement inédit même si, avouons‑le, capturer des hérissons pour les manger reste extrêmement marginal et choque généralement l’opinion publique.

Tradition, superstition ou manque d’appétit ? Le hérisson dans les cultures populaires

Qu’on se le dise : le hérisson a une place curieuse dans les traditions et les superstitions. Dans certaines cultures d’autrefois, il était associé à des croyances médicinales ou même mangé pour des vertus supposées contre certains maux. Dans d’autres régions, il n’était pas rare qu’on raconte que le hérisson était bon pour la santé ou un remède contre des troubles, des récits populaires souvent plus folkloriques que scientifiques. Aujourd’hui, ces histoires relèvent davantage du patrimoine culturel ou du « on raconte que » que d’un réel fondement alimentaire ou médical.

 

Peut‑être qu’à défaut de gibier plus commun, nos deux protagonistes ont eu l’idée… « d’innover gastronomiquement ». Mais entre traditions historiques rares et législation stricte sur la protection du hérisson, leur initiative ressemble plus à une bavure écologique comique qu’à une tentative culinaire audacieuse. Après tout, à moins d’être un chef médiéval en manque d’ingrédients, difficile de justifier cette capture ! Pour le moment, au menu ce sera plutôt une ordonnance pénale délictuelle en mai 2026 qui devrait homologuer une amende de 200 euros et l’obligation de suivre un stage de sensibilisation et prévention à la maltraitance animale, à leurs frais. Ils s’exposent à 1 500 euros d’amendes s’ils n’exécutent pas ce stage dans les six mois…

Cet article est paru en premier sur CHASSONS