
Une opération d’envergure baptisée « Tournesol »
Dans le département de l’Hérault, l’Office français de la biodiversité (OFB) a mené, fin juillet et début août, une vaste opération contre la capture et la détention illégales d’oiseaux protégés. Vingt-cinq inspecteurs de l’environnement, épaulés par la police nationale et placés sous l’autorité du parquet de Béziers, ont été mobilisés dans le cadre de l’« Opération Tournesol ».
Des filets de protection des cultures détournés pour piéger les oiseaux
Depuis plusieurs années, certaines parcelles de tournesol situées dans l’agglomération de Béziers et la vallée de l’Hérault étaient au cœur de pratiques illégales. Les filets de protection des cultures étaient volontairement dégradés et utilisés pour capturer des passereaux, parmi lesquels le chardonneret élégant, le verdier d’Europe ou encore le serin cini. Des espèces protégées qui, sur le marché noir, peuvent se négocier plusieurs centaines d’euros par individu.
Douze interpellations et une soixantaine d’oiseaux relâchés
Au terme de plusieurs mois d’investigations, l’OFB a procédé à douze interpellations en flagrant délit. Les perquisitions menées dans la foulée ont confirmé l’existence de trafics organisés, certains destinés à l’étranger. Lors de l’opération, des cages ont été saisies et environ soixante oiseaux ont pu retrouver la liberté. Les procédures judiciaires sont en cours d’instruction par le parquet de Béziers.
Des sanctions lourdes encourues
La capture, la détention, le transport ou la commercialisation d’espèces protégées constituent un délit passible de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende. L’arrêté ministériel du 29 octobre 2009 fixe la liste des oiseaux concernés, parmi lesquels le chardonneret élégant, déjà en fort déclin avec une régression estimée à 30 % au cours des trente dernières années.
Saluons le travail de terrain
Si chasseurs et agents de l’OFB ne sont pas toujours d’accord sur tous les dossiers, force est de reconnaître que ce type d’opération mérite d’être salué. En luttant contre ces trafics organisés qui pillent nos campagnes, les inspecteurs de l’environnement protègent à la fois les espèces menacées et l’équilibre des territoires. Un combat nécessaire contre des pratiques illégales qui ternissent l’image de la ruralité et mettent en péril la biodiversité.