J’ai lu Le livre de Kells de Sorj Chalandon, un roman qui nous entraîne dans les années 1970, entre la rue, la fraternité et l’engagement politique. Je vous partage mon ressenti sur ce récit fort et émouvant, qui complète l’œuvre de l’auteur et questionne la jeunesse révoltée d’une époque aujourd’hui disparue.
Service Presse

Sommaire
Le point de départ de l’histoire
Kells — c’est le nom que le narrateur a décidé d’adopter — quitte sa famille. Il n’a que 17 ans, et toutes ses possessions tiennent dans un sac à dos. Au dernier moment, sa mère lui a donné 100 Frcs. Il part pour Ibiza (à cause du film More) et ensuite à Katmandou (à cause du film Les chemins de Katmandou).
Du moins, c’est ce qu’il croyait. C’est la rue qui l’attend jusqu’à ce que des « maos » l’en sortent.
Ce que j’ai pensé du roman
More, Les chemins de Katmandou, les « maos », le ton est donné. Nous allons plonger dans les années 1970, la jeunesse engagée dans la violence politique. Mais avant d’en arriver là, il y a la rue.
J’ai été très émue par le début du livre, par ces 100 Frcs que lui donne sa mère et qui indiquent mieux que tout discours que la suite va être difficile. Émouvant aussi la sortie de la rue, il est sauvé par des copains avec qui il vendait La cause du peuple, une fraternité que lui-même n’attendait pas.
Ensuite vient le bout de route que fait Kells avec la Gauche Prolétarienne dont je n’avais que de très vagues souvenirs. Sorj Chalandon décrit des jeunes (surtout des hommes) dont la générosité et la fraternité passent par la violence. Difficile à comprendre. Il semble que Kells les a suivis plus par loyauté que par conviction profonde, du moins en ce qui concerne la violence. En effet, s’il montre la violence en action, il ne la théorise pas.
Les différents mouvements d’extrême gauche de l’époque paraissent aujourd’hui déroutants, voire anachroniques. Ils ont d’ailleurs disparu, de même que la vénération du Grand Timonier (Mao Tsé-toung).
Bien sûr, il y a le rappel de la mort de Pierre Overnay, un nom gravé dans la mémoire des personnes de ma génération, l’affaire de Bruay-en-Artois, dont la politisation a de quoi surprendre aujourd’hui. Mais le plus captivant, c’est la trajectoire d’un homme.
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Thématiques abordées
- Les années 1970 en France
- La vie dans la rue
- Renaissance grâce à la fraternité
Les figures du roman
Kells
C’est grâce à une carte postale envoyée par son ami Jacques qu’il a choisi ce nom. Elle représentait un manuscrit du IXe siècle, conservé au Trinity College de Dublin (Irlande).
Difficile de ne pas faire le rapprochement avec d’autres personnages de l’auteur. Émile (Profession du père) avait un père violent et une mère effacée. Antoine (Mon traître) était un jeune homme idéaliste, entraîné dans un combat par amitié.
Les « maos »
On ne les connaît que par leurs activités souvent plus violentes que politiques. La note qui évoque leur destin est poignante.
La plume de l’auteur
Sorj Chalandon possède une écriture journalistique. L’émotion vient des faits, il sait les capter et leur donner une résonance. Ne vous y trompez pas, l’incipit plutôt sec est le début d’une des scènes les plus bouleversantes du roman.
Incipit :
« - Tiens, prends ça mon fils, tu en auras besoin »
Et puis, il y a ce mot « enragé » qui revient souvent. Kells a quelque chose de Jules (L’Enragé), à moins que ce ne soit l’inverse.
Citation :
« Un enragé lâché comme une menace. Je protégeais mes vendeurs de journaux, les gens qui m’avaient recueilli, notre parvis de gare. Je ne défendais pas une idée ni une idéologie, mais un territoire. Un bout de trottoir et une amitié. »
Mon avis en résumé
Ce n’est certainement pas le livre de Sorj Chalandon par lequel il faut commencer. En effet, il évoque une époque lointaine et des mouvements politiques disparus. Mais si vous avez lu d’autres romans de l’auteur, c’est un complément incontournable de son œuvre.
Si vous ne le connaissez pas, je vous recommande ces lectures avant celui-là :
Ma note
J’ai beaucoup aimé ce roman autobiographique sur la rue et la jeunesse révoltée, mais il ne me semble avoir de l’intérêt que si on est déjà familier de l’auteur. C’est pourquoi je ne lui donne pas la note maximum : 4,0/5.
Lecture assez facile
À vous maintenant
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Vivre dans la rue
La rue est rarement abordée dans les romans. Mais Léonora Miano a vécu dans des foyers, et Nathalie Bianco a consacré un roman à ceux qui y demeurent.
Stardust
Léonora Miano

Ceux des quais
Nathalie Bianco

Info-livre : Le livre de Kells par Sorj Chalandon

Éditeur : Grasset
ISBN : 978-2-246-84321-4
Pages : 379
Date de parution : 13/08/2025

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