
Les élections municipales sont là et, ce week-end, les Français seront appelés à choisir leur prochain maire. Dans le flot des promesses électorales et des débats locaux, certains sujets reviennent régulièrement dans la campagne, parfois avec sérieux… parfois avec un peu moins. La chasse et la gestion de la faune sauvage en font partie. Il n’est donc pas inutile de rappeler ce que peut réellement faire et surtout ce que ne peut pas faire un maire en matière de chasse. Car entre les déclarations de principe, les postures idéologiques et quelques propositions pour le moins originales, la réalité juridique est souvent bien différente. À l’heure du vote, les chasseurs, comme tous les citoyens, ont un rôle à jouer. Et puisqu’il vaut toujours mieux glisser le bon bulletin dans l’urne, profitons de cette échéance pour remettre quelques pendules à l’heure.
Le maire n’est pas le chef de la chasse
Contrairement à une idée assez répandue dans certaines campagnes électorales, le maire n’a aucune compétence directe en matière de chasse. L’organisation de l’activité cynégétique relève principalement de l’État, du préfet et du cadre fixé par le code de l’environnement. En revanche, le maire dispose de pouvoirs en matière de sécurité publique. C’est dans ce cadre, et uniquement dans ce cadre, qu’il peut intervenir lorsqu’un animal sauvage représente un danger immédiat, par exemple à proximité d’une route ou d’une zone habitée. Dans ce cas précis, il peut prendre un arrêté pour faire procéder à la destruction de l’animal concerné, en missionnant des chasseurs ou les lieutenants de louveterie. Mais cela reste une mesure exceptionnelle liée à la sécurité, pas une gestion générale de la chasse.
Quand la politique s’invite dans la forêt
À chaque scrutin, certains candidats découvrent soudainement la chasse… souvent pour s’y opposer avec plus d’enthousiasme que de connaissance du sujet. Pour certains mouvements politiques, l’hostilité à la chasse devient même un argument de campagne. Les propositions peuvent parfois frôler l’imagination la plus débordante. À Lyon, par exemple, l’équipe de Jean-Michel Aulas a récemment évoqué l’idée de remplacer les animaux du parc de la Tête d’Or par… des hologrammes. Une proposition qui fera peut-être sourire les amateurs de nouvelles technologies, mais qui laisse songeur quant à la vision du rapport entre l’homme et la nature. Heureusement, à notre connaissance, personne n’a encore proposé de transformer la chasse française en chasse à l’hologramme ou en simple séance de cinétir sur écran. Mais à ce rythme, il ne faut jurer de rien…
Le devoir civique des chasseurs
Au-delà de l’ironie, ces élections rappellent une chose essentielle, les chasseurs sont aussi des citoyens. Dans de nombreuses communes rurales, ils participent activement à la vie locale, à la gestion des territoires et à l’équilibre entre activités humaines et faune sauvage. Le vote est donc un moment clé. Il permet de soutenir des équipes municipales qui comprennent les réalités du terrain, respectent les traditions rurales et savent que la chasse fait partie de l’équilibre des territoires.
Dimanche, comme tous les Français, les chasseurs iront aux urnes. Et puisqu’il s’agit aussi de l’avenir de leurs communes, de leurs campagnes et de leurs territoires de chasse, ils auront tout intérêt à choisir leur bulletin avec autant d’attention… que leurs cartouches !