
Élections municipales : coup d’accélérateur pour la mobilisation locale ?
C’est un scrutin à part. En mars 2026, il y a eu 34 950 élections aux enjeux bien différents. La grande majorité – près de 34 000 – concernait des communes de moins de 10 000 habitant·es. Ces petites villes ou villages regroupent 53 % de la population française, et couvrent environ 90 % du territoire national.
Les débats se sont ainsi concentrés sur des enjeux ultra-locaux, en mobilisant de nombreuses citoyen·nes dans les territoires à faible densité. À l’échelle nationale, ce sont près de 900 000 candidats et candidates qui se sont engagé·es pour leur commune. Une mobilisation génératrice de dynamiques, aussi bien au niveau des habitant·es que des organisations politiques ou associatives, qui transforment la période en mobilisation.
© Heveafan/Flickr
Selon le sondage Ipsos commandé par l’Association des maires ruraux de France, les Français·es vivant en milieu rural font du maintien des services de proximité leur priorité (47 %), tandis que les urbain·es dans leur ensemble citent surtout la sécurité (42 %). Les deux catégories se rejoignent néanmoins dans l’importance accordée à la préservation de l’environnement sur le territoire de la commune. Ce sujet étant le deuxième le plus cité par les ruraux.
« Les forces politiques favorables à la transition écologique ne doivent pas se concentrer sur les métropoles, mais s’adresser aux maires ruraux, aux agriculteurs et aux habitants des petites communes », a ainsi demandé, dans une tribune, le groupe de réflexion Destin commun.
Quels pouvoirs au niveau local ?
Au-delà des thèmes abordés, le scrutin pose la question du rapport au politique, en ravivant le débat sur ce que sont les communes et le pouvoir local : « S’agit-il d’une forme d’organisation urbaine destinée à rationaliser l’action publique ou bien de l’expression plus ou moins spontanée de libertés venant se concrétiser dans une communauté ? », interroge par exemple Luc Rouban, directeur de recherche au centre de recherches en sciences politiques Cevipof.
En 2026, le pouvoir municipal se retrouve en tension entre le pouvoir direct des citoyen·nes et les responsabilités de plus en plus concentrées au sein des conseils municipaux par les catégories supérieures ou moyennes diplômées.
« Le vivier de recrutement des élites municipales de droite a donc tendance à se réduire. »
Au niveau local, les entreprises privées puis les maires restent ainsi les deux figures de confiance. Si les deux entités sont historiquement liées, les choses sont en train de changer en ruralité, observe Julian Mischi, sociologue et auteur du livre Des élus en campagne. « Du fait des mutations du capitalisme industriel, les dirigeants d’établissement ne sont que de passage sur les sites de production, lors de missions courtes. Souvent, ils vivent, avec leur famille, dans les grandes agglomérations, là où se trouvent les sièges des entreprises et les écoles souhaitées pour leurs enfants. Le vivier de recrutement des élites municipales de droite a donc tendance à se réduire. »
La taille des communes reste donc un obstacle à la généralisation du profil socioprofessionnel des maires, mais pour combien de temps ? Pour la première fois depuis 2001, le scrutin de mars intervient juste avant l’élection présidentielle. Il a donc aussi été bousculé par les enjeux nationaux et a eu valeur de test pour les grands courants politiques du pays.

Élections municipales : coup d’accélérateur pour la mobilisation locale ?
C’est un scrutin à part. En mars 2026, il y a eu 34 950 élections aux enjeux bien différents. La grande majorité – près de 34 000 – concernait des communes de moins de 10 000 habitant·es. Ces petites villes ou villages regroupent 53 % de la population française, et couvrent environ 90 % du territoire national.
Les débats se sont ainsi concentrés sur des enjeux ultra-locaux, en mobilisant de nombreuses citoyen·nes dans les territoires à faible densité. À l’échelle nationale, ce sont près de 900 000 candidats et candidates qui se sont engagé·es pour leur commune. Une mobilisation génératrice de dynamiques, aussi bien au niveau des habitant·es que des organisations politiques ou associatives, qui transforment la période en mobilisation.
© Heveafan/Flickr
Selon le sondage Ipsos commandé par l’Association des maires ruraux de France, les Français·es vivant en milieu rural font du maintien des services de proximité leur priorité (47 %), tandis que les urbain·es dans leur ensemble citent surtout la sécurité (42 %). Les deux catégories se rejoignent néanmoins dans l’importance accordée à la préservation de l’environnement sur le territoire de la commune. Ce sujet étant le deuxième le plus cité par les ruraux.
« Les forces politiques favorables à la transition écologique ne doivent pas se concentrer sur les métropoles, mais s’adresser aux maires ruraux, aux agriculteurs et aux habitants des petites communes », a ainsi demandé, dans une tribune, le groupe de réflexion Destin commun.
Quels pouvoirs au niveau local ?
Au-delà des thèmes abordés, le scrutin pose la question du rapport au politique, en ravivant le débat sur ce que sont les communes et le pouvoir local : « S’agit-il d’une forme d’organisation urbaine destinée à rationaliser l’action publique ou bien de l’expression plus ou moins spontanée de libertés venant se concrétiser dans une communauté ? », interroge par exemple Luc Rouban, directeur de recherche au centre de recherches en sciences politiques Cevipof.
En 2026, le pouvoir municipal se retrouve en tension entre le pouvoir direct des citoyen·nes et les responsabilités de plus en plus concentrées au sein des conseils municipaux par les catégories supérieures ou moyennes diplômées.
« Le vivier de recrutement des élites municipales de droite a donc tendance à se réduire. »
Au niveau local, les entreprises privées puis les maires restent ainsi les deux figures de confiance. Si les deux entités sont historiquement liées, les choses sont en train de changer en ruralité, observe Julian Mischi, sociologue et auteur du livre Des élus en campagne. « Du fait des mutations du capitalisme industriel, les dirigeants d’établissement ne sont que de passage sur les sites de production, lors de missions courtes. Souvent, ils vivent, avec leur famille, dans les grandes agglomérations, là où se trouvent les sièges des entreprises et les écoles souhaitées pour leurs enfants. Le vivier de recrutement des élites municipales de droite a donc tendance à se réduire. »
La taille des communes reste donc un obstacle à la généralisation du profil socioprofessionnel des maires, mais pour combien de temps ? Pour la première fois depuis 2001, le scrutin de mars intervient juste avant l’élection présidentielle. Il a donc aussi été bousculé par les enjeux nationaux et a eu valeur de test pour les grands courants politiques du pays.

Photos from INSTITUT FRANÇAIS’s post

This content isn’t available right now

Et si REMPART racontait votre histoire ?

De la désobéissance civile à la formation : après la crise de la dermatose, les éleveurs s’organisent
« J’ai vu les premiers signes le mercredi, j’ai fait les prélèvements le vendredi et le mardi on m’a présenté l’arrêté de déclaration d’infection pour l’abattage prévu le lendemain. » « Le massacre a eu lieu le 12 novembre 2025 : 18 vaches, de 3 à 7 ans, le fleuron de Guillaume, ont été abattues », continue Jean Quilleret, responsable de la coopérative, propriétaire de la ferme d’Escoums, dans les Pyrénées-Orientales.
Guillaume Husson a perdu une partie de son troupeau en novembre et tout le travail qui avait été réalisé avec. – FERME D’ESCOUMS
Guillaume, qui y travaille en tant que paysan-éleveur à son compte, se dit pourtant privilégié par rapport aux autres. « J’organise la descente d’estive en petits groupes, donc 29 vaches à l’écart du collectif contaminé ont été épargnées. Ce sont en plus des Gasconnes, une race plus rare qu’on ne retrouve que dans le coin. Les animaux que je rachète sont déjà vaccinés. »
Pour autant, avec la décision des autorités souhaitant à tout prix maintenir le statut « indemne » pour continuer l’exportation, l’éleveur a perdu une grande partie du travail dit « génétique » réalisé avec son troupeau. « On m’a abattu deux ou trois vaches de la même lignée. Ce sont des générations entières sélectionnées depuis des années qui ont disparu. Elles étaient par ailleurs habituées au territoire très difficile d’accès, il va falloir faire un gros travail de découverte et d’apprentissage cet été. »
« À ce moment-là, on repart dans l’angoisse et aux premières chaleurs, lorsque les insectes vecteurs de la maladie seront plus présents, on sera dans le même délire »
En attendant de connaître l’indemnisation qui lui sera proposée, l’agriculteur reste sous le choc. « Être confronté à ça, c’est une chose, mais la hantise de voir des symptômes est toujours présente », confesse Guillaume, qui a découvert un nouveau cas de suspicion, un mois seulement après l’abattage. « À ce moment-là, on repart dans l’angoisse et aux premières chaleurs, lorsque les insectes vecteurs de la maladie seront plus présents, on sera dans le même délire. » Plusieurs mois après les images de paysan·nes gazé·es par les CRS pour protéger les élevages, les caméras de télévision sont passées à autre chose, mais les traumatismes sont toujours présents et les éleveur ·euses tentent de se préparer.
Former les éleveur·euses à réagir
Jean Quilleret, à la tête de l’association qui administre le domaine de Guillaume, parle même de « traumas » pour qualifier ce qu’ont vécu les éleveur·euses. Au plus fort de la crise, il forme le collectif citoyen « Stop aux massacres » pour suivre et informer sur la situation.
« Le lendemain de l’arrêté interdisant le transport des bêtes dans les Pyrénées-Orientales, il y avait des bouses de vaches partout sur les routes, preuve qu’il y avait eu des déplacements. Les autorités ont appuyé sur un manque de civisme alors que c’est surtout qu’une partie des éleveurs étaient affolés par les mesures gouvernementales absurdes et désordonnées. » En se plongeant dans les données scientifiques, il s’aperçoit surtout que les craintes concernant la mortalité de la maladie exprimées par les autorités sont démesurées et que la stratégie d’abattage vise avant tout « à défendre des intérêts particuliers face au bien commun ».
« Il a fallu qu’il y ait des manifestations et des tensions pour que le grand public soit informé, on devra donc malheureusement jouer le rapport de force, si on veut être écouté »
« Pour l’agro-industrie, un animal est un outil de production, une ligne sur un bilan qu’on peut rayer, si les contribuables paient l’indemnisation », explique celui qui souhaite désormais former les éleveur·euses sur la maladie et la façon de réagir au mieux. « On va faire fructifier tout ce qu’on a appris et continuer de travailler à documenter les massacres. » Le collectif souhaite donc mettre sur pied un questionnaire à destination des éleveur·euses impacté·es pour savoir si elles ou ils ont eu droit à la même procédure, tant sur le plan réglementaire que biologique pour en savoir plus sur l’apparition des symptômes, le temps d’incubation, l’hybridation possible entre le vaccin et le virus, etc.
« On sait qu’il y aura des réticences, mais on veut créer grâce à ces témoignages des fiches pratiques pour permettre aux futures personnes impactées de réagir, de la désobéissance civile, à la façon de poser les bonnes questions », explique Jean Quilleret. « Il a fallu qu’il y ait des manifestations et des tensions pour que le grand public soit informé, on devra donc malheureusement jouer le rapport de force, si on veut être écouté », confirme Guillaume Hussone.
Appel à témoignage et à contributions Le comité citoyen « Stop aux massacres ! », formé au moment de la crise dans les Pyrénées-Orientales, lance un appel aux éleveuses et éleveurs et à toutes les citoyennes et citoyens volontaires. « Pour documenter les massacres », les agriculteur ·ices qui ont subi un abattage de leur troupeau sont invité·es à prendre contact avec le comité. Des volontaires sont également recherchés pour collecter les informations et participer à créer des « outils d’aide et de soutien », pour ainsi être plus aptes à faire face aux prochaines crises. Contact du comité : stopauxmassacres@fermedescoums.fr 06 80 07 98 84

De la désobéissance civile à la formation : après la crise de la dermatose, les éleveurs s’organisent
« J’ai vu les premiers signes le mercredi, j’ai fait les prélèvements le vendredi et le mardi on m’a présenté l’arrêté de déclaration d’infection pour l’abattage prévu le lendemain. » « Le massacre a eu lieu le 12 novembre 2025 : 18 vaches, de 3 à 7 ans, le fleuron de Guillaume, ont été abattues », continue Jean Quilleret, responsable de la coopérative, propriétaire de la ferme d’Escoums, dans les Pyrénées-Orientales.
Guillaume Husson a perdu une partie de son troupeau en novembre et tout le travail qui avait été réalisé avec. – FERME D’ESCOUMS
Guillaume, qui y travaille en tant que paysan-éleveur à son compte, se dit pourtant privilégié par rapport aux autres. « J’organise la descente d’estive en petits groupes, donc 29 vaches à l’écart du collectif contaminé ont été épargnées. Ce sont en plus des Gasconnes, une race plus rare qu’on ne retrouve que dans le coin. Les animaux que je rachète sont déjà vaccinés. »
Pour autant, avec la décision des autorités souhaitant à tout prix maintenir le statut « indemne » pour continuer l’exportation, l’éleveur a perdu une grande partie du travail dit « génétique » réalisé avec son troupeau. « On m’a abattu deux ou trois vaches de la même lignée. Ce sont des générations entières sélectionnées depuis des années qui ont disparu. Elles étaient par ailleurs habituées au territoire très difficile d’accès, il va falloir faire un gros travail de découverte et d’apprentissage cet été. »
« À ce moment-là, on repart dans l’angoisse et aux premières chaleurs, lorsque les insectes vecteurs de la maladie seront plus présents, on sera dans le même délire »
En attendant de connaître l’indemnisation qui lui sera proposée, l’agriculteur reste sous le choc. « Être confronté à ça, c’est une chose, mais la hantise de voir des symptômes est toujours présente », confesse Guillaume, qui a découvert un nouveau cas de suspicion, un mois seulement après l’abattage. « À ce moment-là, on repart dans l’angoisse et aux premières chaleurs, lorsque les insectes vecteurs de la maladie seront plus présents, on sera dans le même délire. » Plusieurs mois après les images de paysan·nes gazé·es par les CRS pour protéger les élevages, les caméras de télévision sont passées à autre chose, mais les traumatismes sont toujours présents et les éleveur ·euses tentent de se préparer.
Former les éleveur·euses à réagir
Jean Quilleret, à la tête de l’association qui administre le domaine de Guillaume, parle même de « traumas » pour qualifier ce qu’ont vécu les éleveur·euses. Au plus fort de la crise, il forme le collectif citoyen « Stop aux massacres » pour suivre et informer sur la situation.
« Le lendemain de l’arrêté interdisant le transport des bêtes dans les Pyrénées-Orientales, il y avait des bouses de vaches partout sur les routes, preuve qu’il y avait eu des déplacements. Les autorités ont appuyé sur un manque de civisme alors que c’est surtout qu’une partie des éleveurs étaient affolés par les mesures gouvernementales absurdes et désordonnées. » En se plongeant dans les données scientifiques, il s’aperçoit surtout que les craintes concernant la mortalité de la maladie exprimées par les autorités sont démesurées et que la stratégie d’abattage vise avant tout « à défendre des intérêts particuliers face au bien commun ».
« Il a fallu qu’il y ait des manifestations et des tensions pour que le grand public soit informé, on devra donc malheureusement jouer le rapport de force, si on veut être écouté »
« Pour l’agro-industrie, un animal est un outil de production, une ligne sur un bilan qu’on peut rayer, si les contribuables paient l’indemnisation », explique celui qui souhaite désormais former les éleveur·euses sur la maladie et la façon de réagir au mieux. « On va faire fructifier tout ce qu’on a appris et continuer de travailler à documenter les massacres. » Le collectif souhaite donc mettre sur pied un questionnaire à destination des éleveur·euses impacté·es pour savoir si elles ou ils ont eu droit à la même procédure, tant sur le plan réglementaire que biologique pour en savoir plus sur l’apparition des symptômes, le temps d’incubation, l’hybridation possible entre le vaccin et le virus, etc.
« On sait qu’il y aura des réticences, mais on veut créer grâce à ces témoignages des fiches pratiques pour permettre aux futures personnes impactées de réagir, de la désobéissance civile, à la façon de poser les bonnes questions », explique Jean Quilleret. « Il a fallu qu’il y ait des manifestations et des tensions pour que le grand public soit informé, on devra donc malheureusement jouer le rapport de force, si on veut être écouté », confirme Guillaume Hussone.
Appel à témoignage et à contributions Le comité citoyen « Stop aux massacres ! », formé au moment de la crise dans les Pyrénées-Orientales, lance un appel aux éleveuses et éleveurs et à toutes les citoyennes et citoyens volontaires. « Pour documenter les massacres », les agriculteur ·ices qui ont subi un abattage de leur troupeau sont invité·es à prendre contact avec le comité. Des volontaires sont également recherchés pour collecter les informations et participer à créer des « outils d’aide et de soutien », pour ainsi être plus aptes à faire face aux prochaines crises. Contact du comité : stopauxmassacres@fermedescoums.fr 06 80 07 98 84

Photos from Vmf patrimoine’s post
