Transrural initiatives n°509 – Faire la fête et faire village

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Faire la fête et faire villageCe dossier, construit autour des Grandes rurales, évènement organisé par le Mouvement rural de jeunesse chrétienne cet été, interroge la place de la fête dans les villages, le rôle de la convivialité et de l’engagement dans le vivre ensemble et appelle à faire village pour dépasser les clivages.

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L’interview « Sortir de ce récit qui a capturé la figure du paysan, à la fois conservateur et réactionnaire d’un côté, et modernisateur de l’autre »Société Le plan France ruralités se poursuit sans davantage de moyensAgriculture Une nouvelle PAC hors du commun ?

SociétéQuand les tiers-lieux servent de variable d’ajustement aux aménagements urbains

| MÉNAGER LES RESSOURCES |

EnvironnementLa fuite en avant de l’intelligence artificielle

| UN AUTRE DÉVELOPPEMENT |

30ans, 30 initiativesLe festival des passeur.ses d’humanité à l’intersection des luttes

Portrait d’abonnéPeuple et culture

InternationalMercosur : l’Europe passe en force, la France louvoie

InitiativeViser la Terre, un tour de France à vélo pour récolter les initiatives écologiquesAgricultureNouveaux actifs agricoles : portraits, trajectoires, insertions alimentationAlimentationMiam : tisser des liens entre agriculteurs et aide alimentaireLes filières longues et la Sécurité sociale de l’alimentation, un enjeu stratégique

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Faire la fête et faire village

Ce dossier, construit autour des Grandes rurales, évènement organisé par le Mouvement rural de jeunesse chrétienne cet été, interroge la place de la fête dans les villages, le rôle de la convivialité et de l’engagement dans le vivre ensemble et appelle à faire village pour dépasser les clivages

Au sommaire :

La fête au centre des villagesLe week-end du 14 juillet, le Mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) a rassemblé 2 000 personnes lors de ses Grandes rurales sur le thème de la fête au village dans le Maine-et-Loire. L’occasion de se questionner sur les tensions dans les territoires ruraux et le vivre ensemble

Les sens de la fêteLa fête, dont les évolutions reflètent celles de nos sociétés, est un élément essentiel de socialisation, de célébration et de transgression. Elle révèle également des enjeux politiques dans la façon dont elle est organisée.

Fêter, mais avec quiOrganiser une fête, c’est se poser la question des invités, de qui est exclu, de qui est inclus. Un choix politique ?

Les jeunes peuvent-il encore faire la fête ?L’accès à des salles, les coûts liés notamment à la sûreté et les démarches administratives freinent l’organisation d’évènements au-delà d’un simple cercle d’amis.

L’alcool dans la fête, un indispensable à repenser ?La fête est un espace de convivialité où l’alcool est rarement exclu, malgré les problèmes qu’il pose. Dans le cadre d’un atelier des Grandes rurales, le MRJC s’est interrogé sur les alternatives pour une fête avec moins d’alcool

« Dans nos villages, on a besoin de convivialité »Témoignage de Cyril Cibert, président de l’Association des maires ruraux de la Vienne et maire (ex-PS) de Chenevelles, où il organise la marche des Fiertés rurales.

Comment les femmes tiennent la campagneL’engagement des femmes dans la vie locale, le soin et les solidarités, y compris par leur activité professionnelle, est peu reconnue

Élus et habitants : dépasser les clivages pour faire village2 501 atteintes physiques ou verbales ont été recensées contre des élus locaux en 2024, un constat révélant des liens compliqués entre élus et habitants.

« Est-ce que l’on veut changer la vie des gens ou leur faire changer d’avis ? « Pour Denis Vallance, maire sans étiquette d’Allamps (Meurthe-et-Moselle) depuis 2023 et vice-président de la communauté de sommunes du Pays de Colombey et du Sud toulois, faire village nécessitede dépasser les clivages et de construire collectivement grâce à l’écoute, à l’animation d’une communauté et au faire ensemble.

Agriculture : le foncier au cœur des conflitsL’installation bute souvent sur l’accès au foncier. Exemple avec la transmission houleuse d’une ferme à Denée (49) où l’agrandissement a été privilégié par rapport à l’installation.

Dépasser les contraintes du monde rural pour accueillir les personnes exiléesEntre hostilité des habitants et difficultés liés à la ruralité, l’installation des personnes exilées hors des villes est rude.

« Dans un contexte politique détérioré, vivre et transmettre une culture de l’engagement »Dans cette tribune, le MRJC défend une culture de l’engagement et de l’action collective ancrée dans les territoires et appelle les jeunes ruraux à s’investir à l’approche des élections municipales.

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Le Festival des passeur·ses d’humanité, à l’intersection des luttes

Cet évènement créé en 2018 par Les Ami·e·s de la Roya a honoré du 15 au 19 juillet pour son édition 2025, les dix ans de la lutte à la frontière franco-italienne pour les personnes exilées.

« Cette année, c’était les dix ans de la lutte à la frontière franco-italienne pour les personnes exilées, les dix ans de toute la coopération et la solidarité qu’il y a eu », explique Léa Arson, qui gérait, pendant le Festival des passeur·ses d’humanité la Radio tout terrain. Le festival est né en 2018 à l’initiative de l’association Les Ami·e·s de la Roya, créée en soutien aux personnes de la vallée qui viennent en aide aux personnes exilées et qui sont confrontées à la répression et à des problèmes avec la police ou la justice. Alexandra Picheta, unique salariée de l’association, explique que « très vite, a émergé l’idée d’organiser un festival ».

Les premières éditions étaient mal reçuesEn partenariat avec plusieurs structures dont l’association Roya citoyenne, le festival s’est monté autour des enjeux de la vallée et notamment ceux migratoires, en proposant des conférences, des débats et des propositions artistiques. À l’approche des festivités, l’association embauche et recrute de nombreux bénévoles, comme Gilles Lejean. Pour lui, la manière dont l’évènement a été accueilli a évolué, « les premières éditions étaient mal reçues par les habitants de la vallée, ils ont pris peur mais, petit à petit, ils se sont rapprochés du festival ». Pour autant, « il y a toujours un peu de méfiance. Sur les quatre villages de la vallée, il y en a un qui ne veut plus en entendre parler », confie-t-il.

Une édition autour du mot « coopérer »La thématique 2025 du festival était autour de la notion « coopérer ». Au fur et à mesure des éditions, en coopérant avec les habitants, le festival a développé un ancrage fort dans la vallée. Les acteurs locaux participent à la programmation avec des spectacles, du théâtre, des concerts, etc. « Le festival cherche à créer des passerelles plutôt que de creuser des fossés », explique Alexandra Picheta. « On essaie d’insuffler et de soutenir ce qui sur place est de l’ordre de la justice sociale, de la solidarité, de l’égalité entre toutes et tous, ajoute-telle.  On estime que si on réussit à se parler, il y a la possibilité que les choses et les points de vue bougent ». Le festival a élargi le champ des sujets abordés. En 2020, après la tempête Alex qui frappa la vallée et fit 18 morts, habitants avaient décidé de consacrer une plus grande partie de la programmation aux enjeux écologiques. Les luttes féministes, queers et décoloniales sont aussi mises en avant et « cette année, tous les dessins réalisés ont été mis en vente au profit d’organisations qui viennent en aide à la population de Gaza », raconte Alexandra Picheta.

Retrait d’Emmaüs RoyaSi le festival a développé ses partenariats, cette année a été marquée par la fin de celui avec Emmaüs Roya, qui explique à travers un post Facebook, « que le festival a progressivement laissé de côté son objet originel. Le soutien aux personnes exilées coincées dans notre vallée et aux personnes militantes solidaires en Roya […]1 ». Une décision qui illustre les enjeux autour des stratégies de lutte, un sujet souvent abordé pendant les conférences du festival. « Ce qui ressort des échanges pendant le festival, c’est qu’on a besoin de plusieurs stratégies et en fonction des endroits où on se place, la radicalité va être d’une substance un peu différente, l’idée reste de parvenir à un objectif commun. »

Alisa Posner (Transrural)

1 – Post de Emmaüs Roya sur Facebook, le 30 mai 2025 à 15h39.

Quoi de neuf depuis 1993 ? Nous avons commencé à sélectionner, dans le Transrural n° 500, une initiative par année de publication du magazine, pour faire le point aujourd’hui sur les enjeux d’hier. La série se poursuit avec la 27e initiative, parue en 2021, dans le TRI n°488, avec le Festival des passeur·ses d’humanité.

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