Cette baisse de la disponibilité en eau peut sembler modeste. Mais ce qu’elle raconte est beaucoup plus inquiétant.
Pendant que nous regardons le thermomètre grimper, le cycle de l’eau est en train de se transformer sous nos yeux :
➡️ des sécheresses hydrologiques plus sévères sur les 3/4 de l’Hexagone l’été : le niveau le plus bas de nos cours d’eau (étiage examiné sur les 10 jours les plus faibles de l’été) baissera en moyenne de 15 %, et jusqu’à 25 % pour certaines régions du Sud de la France ;
➡️ des sols en été qui s’assècheront davantage ;
➡️ un renouvellement hétérogène des stocks dans les nappes phréatiques : une recharge à la hausse dans le Nord-Est et en diminution dans le Sud-Est ;
➡️ des épisodes de pluie plus intenses avec pour conséquence des risques de crue accrus sur les 2/3 nord du pays, par comparaison à la période 1976-2005.
Ces chiffres ne prennent pas en compte le fait que certains épisodes extrêmes (vague de chaleur, sécheresse) seront plus intenses qu’aujourd’hui. N’oublions pas que même si certaines saisons vont voir en moyenne une augmentation des précipitations, les territoires de l’Hexagone vivront des successions d’années sèches et humides.
Dans le cas d’un réchauffement plus fort, ces changements seraient plus importants.
Résultat ? Le défi n’est pas seulement la quantité d’eau disponible. C’est aussi que son cycle évolue de manière différenciée, avec plus de contrastes selon les territoires et les saisons.
La Corse et une grande partie du Sud de la France figurent parmi les territoires les plus exposés aux sécheresses. Le Nord n’est pas épargné : il devra composer avec des hivers en moyenne plus humides. Et tous les territoires feront face à de nouveaux défis pour gérer l’eau.
🎥 😟 Il ne s’agit pas d’un scénario catastrophe sorti d’un film. Ce sont les conclusions du projet scientifique Explore2 qui a modélisé l’avenir de l’eau en France, à +2,7 °C en 2050, et jusqu’en 2100 à +4 °C, selon les dernières données du GIEC.
La question n’est plus seulement : « Aurons-nous assez d’eau ? »
Mais :
💧 “Serons-nous capables d’aménager nos territoires pour partager l’eau douce de façon juste et durable dans un climat qui change plus vite que nos pratiques et nos modes de gestion ?”



