Icône mondiale, Brigitte Bardot laisse une fondation puissante et riche. Pourtant, derrière l’engagement pour la cause animale, une enquête très complète de nos confrères de Libération révèle un modèle financier hors norme. Mais aussi des interrogations croissantes sur son fonctionnement.
Un patrimoine hors norme de la Fondation Bardot alimenté par des dons massifs
La Fondation Brigitte Bardot affiche une puissance financière rare. En 2024, elle totalise 178 millions d’euros d’actifs. Mais aussi plus de 35 millions d’euros de placements. Son budget annuel dépasse les 35 millions d’euros. Permettant aussi de gérer 300 salariés. Surtout, les dons affluent en continu. Chaque année, près de 170 legs viennent enrichir ce patrimoine. La mécanique est bien rodée. De nombreux donateurs lèguent leurs biens en échange de la prise en charge de leurs animaux.
Les montants atteignent parfois des sommets. Une villa d’un couple de chirurgiens-dentistes à Saint-Tropez est ainsi estimée à 9,5 millions d’euros. Seule condition : s’occuper des deux chats du couple. Une autre donatrice a transmis un ensemble comprenant son appartement à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine), d’une valeur d’1,5 million d’euros. Mais aussi sa demeure en Norvège estimée à 150 000 euros. Ainsi que son compte au CIC de 195 000 euros et celui à la Société générale de 340 000 euros.. D’autres legs incluent maisons, véhicules ou même sept lingots d’or.
( Le siège de la Fondation, situé rue Vineuse, dans le XVIe arrondissement parisien )
Ainsi, la fondation accumule un patrimoine considérable. Un patrimoine qui devrait augmenter. L’année 2026 devrait battre de nouveaux records de dons, après l’émotion suscitée par la mort de Brigitte Bardot. Cependant, cette richesse pose une question centrale : quelle part est réellement mobilisée pour l’action ?
Une gestion critiquée et un contrôle limité
En parallèle, la gouvernance interroge. Le conseil d’administration apparaît peu actif. Les décisions sont souvent prises en amont. Jusqu’à son décès, Brigitte Bardot conservait un statut de présidente à vie. Depuis, son compagnon, Bernard d’Ormale, a pris la tête de la structure. De plus, plusieurs acteurs clés concentrent le pouvoir. La direction générale reste inchangée depuis trente ans. L’avocat François Kelidjian joue également un rôle central, malgré des interrogations sur de possibles conflits d’intérêts.
Le contrôle public semble limité. Les représentants de l’État sont souvent absents. La Cour des comptes a déjà pointé des irrégularités ( voir notre article). Pourtant, certaines perdurent.
Enfin, la transparence reste partielle. Documents incomplets, décisions peu débattues : le fonctionnement interne questionne. Désormais, sans sa fondatrice, la fondation doit prouver sa capacité à évoluer.
Plus : Libération a consacré deux autres articles sur la Fondation Bardot. Le 1er sur le mystère de la Madrague, villa inestimable au cœur de l’héritage ( consultable à ce lien). L’autre sur les juteux contrats avec le néofasciste Frédéric Chatillon ( à ce lien)
Cet article est paru en premier sur LE CHASSEUR FRANCAIS