Or, en Alsace, nous avons sous nos pieds une énergie géothermique décarbonée, pilotable, locale, qui ne dépend ni du vent, ni d’onéreuses importations. Mieux encore, elle contribuera même à sécuriser nos filières industrielles grâce au précieux lithium qui peut en être extrait et dont on se sert pour fabriquer des batteries, des missiles, de la céramique et même du carburant pour nos fusées.
Malheureusement, comme trop souvent dans notre pays, ce ne sont pas les ressources qui manquent, mais la liberté de les exploiter. Pendant que nos concurrents forent, investissent et industrialisent – « Drill, baby, drill », disent les Américains – nous accumulons procédures, règlements et délais. DREAL, MRAe, DGEC, DGALN, préfets, ministères, services instructeurs, tribunaux administratifs… autant d’intervenants qui concertent, instruisent et valident – ou non – au terme d’un interminable parcours du combattant et d’une multitude de procédures dignes de la « Maison qui rend fou » d’Astérix, la possibilité même de forer.
Cette bureaucratie a un coût économique colossal : du temps perdu, des capitaux immobilisés, des projets retardés, parfois abandonnés. Pendant ce temps, nous continuons d’importer ce que nous pourrions produire et de perdre de précieuses compétences techniques et scientifiques.
En visitant les installations du site de forage d’Arverne Group à Schwabwiller et en admirant le travail des ingénieurs et des ouvriers qualifiés qui y construisent deux puits dans le sous-sol du fossé rhénan destinés à produire de la chaleur géothermique et à extraire du lithium, il me prend à rêver d’une France libérée de cet enfer administratif qui étouffe l’innovation, affaiblit notre compétitivité et, in fine, affecte le pouvoir d’achat des Français.
Au-delà des freins qui pèsent sur cette aventure scientifique, nous devons faire un choix stratégique essentiel : et si, à l’instar de notre gigantesque espace maritime, notre sous-sol (re)devenait non plus un simple support du territoire mais un actif productif majeur ?
En développant massivement la géothermie pour le chauffage urbain, les hôpitaux, les piscines, les serres des maraîchers et l’industrie légère.
En rattrapant notre retard dans la course mondiale aux métaux critiques, lithium donc, mais aussi tungstène, fluorine, cuivre, antimoine, terres rares potentielles et même uranium.
Et c’est d’ailleurs ici que l’État pourrait jouer un rôle constructif, en transformant le Bureau de recherches géologiques et minières en un véritable « IGN (Institut Géographique National) du souterrain » pour réaliser au plus vite un cadastre 3D du sous-sol afin de mieux connaître et explorer les formidables potentiels dont il regorge.
Et qui sait ? Fort de cet appui, un groupe comme Arverne Group sera peut-être demain notre Ariane des profondeurs.
Transcendant les clivages partisans, la révolution de la simplification et la conquête de nos sous-sols devraient donc être parmi les grands enjeux de l’élection présidentielle à venir. Je serai donc de ceux qui porteront ces deux sujets dans le débat qui précédera cette échéance cruciale. C’est en sortant des carcans idéologiques et des entraves réglementaires qui nous interdisent d’explorer et d’exploiter que nous reprendrons notre destin en main et retrouverons le chemin de la puissance.
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