
Salon de l’immobilier : les dates à ne pas manquer en 2026 !

Dégenrons l’agriculture
Civam Haut-Bocage
Au sommaire :
Dégenrons l’agriculture !Face aux freins rencontrés par les femmes qui souhaitent devenir agricultrice, neuf acteurs du développement agricole ont travaillé pendant deux ans dans le cadre d’un projet visant notamment à améliorer leur accompagnement.
VSS : des spécificités rurales et agricoles ?L’isolement, l’absence d’anonymat, l’éloignement des services, la mobilité réduite ou la dépendance économique à un conjoint sont à la fois des facteurs de risques et des freins pour déposer plainte.
Femmes et agriculture : des initiatives à foisonProjets de recherche-action, groupes en non-mixité1, outils et méthodes pour lutter contreles inégalités de genre, engagements sur la parité, formations, plaidoyer… Les questionsde genre et la lutte contre les VSS prennent de l’ampleur dans le monde agricole.
Mieux prendre en compte les inégalités de genre dans le salariat agricoleUne étude menée par Service de remplacement France auprès de ses agentes pour mieux identifier et comprendre les inégalités de genre a ouvert la voie à une meilleure sensibilisation du réseau et à des pistes d’action.
L’installation, un parcours du combattant, notamment pour les femmesLe genre est un frein, que cela soit pour l’accès aux formations, aux aides, au crédit, au foncier… Le nombre de femmes cheffe d’exploitation stagne autour de 25%.
Genre et test d’activités agricoles : retours d’enquêtes et mise en mouvementLe Reneta anime depuis 2024 un groupe de travail sur le test d’activités agricoles et le genre. Retour sur deux années d’appropriation du sujet par le réseau.
S’installer seule : un choix contraint ? Focus sur les parcours d’agricultrices qui se sont installées seules ou en non-mixité, notamment en élevage : des femmes invisibles statistiquement et peu nombreuses.
Le marrainage : faire alliance pour s’installer en agricultureL’Adage 35 et le Civam 35 souhaitent renforcer l’accompagnement des porteuses de projet agricole.
« Des parcours d’apprentissage aux métiers agricoles très genrés »Doctorante en sociologie à Toulouse, Emma Frison étudie les parcours de formation des futurs éleveurs et éleveuses. Ses travaux mettent en évidence des inégalités persistantes dans l’enseignement agricole, liées aux socialisations rurales et aux rapports de genre.
Des interventions en milieu scolaire sur l’égalité femme/hommeLe Civam Adage 35 cherche à susciter des questionnements et des prises de conscience auprès des jeunes, en partant de témoignages et de leurs vécus.
Se réapproprier des savoirs techniques grâce aux formations en non mixitéLe Civam 26 organise des formations réservées aux femmes et minorités de genre, notamment sur les moteurs.
Les femmes face à l’injustice économique lors des séparationsDans le podcast Manuel déterre, Inès témoigne des difficultés qui surgissent lors d’une séparation, notamment la violence économique liée à l’absence de reconnaissance du travail des femmes.
Violences économiques : la question des statutsSelon leur situation juridique, les femmes engagées dans des projets agricoles avec un conjoint peuvent se retrouver en difficulté en cas de séparation.
Parité dans les organisations agricoles : accompagner l’engagement des femmesLa Fnab a mis en place un programme pour favoriser la prise de responsabilités des femmes dans le réseau.
Dans les Cuma de l’Isère, un projet pour adapter le matériel agricoleDes agricultrices, avec l’appui d’ergonomes, travaillent sur leurs besoins, les possibles adaptations des outils et machines et questionnent les décisions d’investissement.
Une politique publique encore à construireUn plan d’action sur le travail des femmes en agriculture devait être présenté par le ministère fin 2025. L’occasion pour les acteurs du projet Dégenrons de rappeler leurs préconisations et la nécessité d’engager des moyens financiers.

Transrural initiatives n°510 – Dégenrons l’agriculture
| DOSSIER
Dégenrons l’agricultureCe dossier poursuit le recensement des analyses et actions menées par les structures de développement agricole sur les inégalités de genre et la place des femmes en agriculture. Il s’inspire des actions menées dans le cadre du projet Dégenrons, piloté par Réseau Civam en croisant des analyses et des retours d’expériences d’initiatives, notamment en matière l’installation, de formation et de sensibilisation.
| VIVRE ENSEMBLE |
Société Paroles de campagne : lever le voile sur le mystère rural ?InitiativeQueeralité : l’art en ciel rural
PolitiqueMunicipales : l’agriculture et l’alimentation en campagne
| MÉNAGER LES RESSOURCES |
L’interview « L’augmentation du nombre d’agriculteurs n’est pas tenable dans ce modèle productiviste » – Aurélie Catallo (Iddri)
| UN AUTRE DÉVELOPPEMENT |
30ans, 30 initiativesLes Nouvelles coordonnées, une manufacture prolifique
Portrait d’abonnéL’Adage 35
InitiativeObjectif zéro non-recours aux droits
InitiativeUn défilé de mode dans une ferme en Isère, ça mobilise !AménagementDes données manquantes sur les logements vacants
| DÉCOUVRIR |
Revues, lectures et documentaires

Municipales : L’agriculture et l’alimentation en campagne
Dessin de Pinter
Les élections municipales françaises du 15 et 22 mars 2026 sont déjà au cœur des préoccupations des acteurs de l’agriculture et de l’alimentation, dont ceux du secteur associatif. Ainsi, en septembre, 13 associations agricoles, de la solidarité et de la santé telles que Réseau Civam, le Secours populaire ou la Fédération des centres sociaux et socioculturels de France, ont proposé dix recommandations pour favoriser un accès digne à une alimentation durable et de qualité pour toutes et tous.
Y figurent par exemple : créer du lien de la fourche à la fourchette en renforçant la démocratie alimentaire ; proposer une alimentation plus saine et durable en restauration collective et des tarifs sociaux ; soutenir les commerces de proximité qui proposent des produits durables et accessibles; protéger le foncier agricole ; freiner l’implantation des fast-foods à proximité des établissements scolaires; ou encore développer des jardins collectifs. Ces mesures sont associées à un kit d’animation pour interpeller les candidats aux municipales,mieux connaître les leviers d’actions des communes avec des outils pour organiser des temps de sensibilisation, d’éducation populaire et de mobilisation citoyenne et des exemples ou retours d’expériences.
Une carte des disparitions de fermesTerre de liens mobilise également son réseau et le grand public, avec à l’appui une cartographie en ligne montrant l’évolution du nombre de fermes par commune de 1998 à 2020 et un « tour de France » de ses fermes. Un livret présente pour cela cinq mesures à proposer aux communes, notamment sur l’installation ou la protection des terres et de l’eau. Le mouvement s’appuie notamment sur les retours d’initiatives menées par des collectivités,avec plus d’une centaine de fiches détaillées sur la plateforme Récole, construite avec l’Inrae.
D’autres réseaux nationaux mais aussi des dizaines de structures locales dont les groupements d’agriculture biologique (GAB), des associations environnementales ou encore des épiceries participatives ou des initiatives inspirées de la sécurité sociale de l’alimentation, ont déjà lancé des actions pour faire entendre des propositions similaires : formations des bénévoles, visites de fermes, réunions publiques, fêtes et repas, modèles de courrier d’interpellation et pétitions,rencontres avec les antennes départementales des partis et avec des candidats et élus, accompagnement de listes ayant pris des engagements…
Quelles stratégies face au RN ?Si nombre des recommandations de ces acteurs sont similaires, des débats sur les stratégies subsistent, notamment face à l’extrême droite. « On va bien sûr travailler avec les élus au pouvoir, même du Rassemblement national, car ils ont été élus. Mais pour les candidats, on ne va pas rencontrer l’extrême-droite. Il y a toujours des instrumentalisations des candidats, ils se servent de nous et nous d’eux, à gauche ou à droite, mais avec le RN, on n’accepte pas », témoigne un responsable d’une association de développement agricole. Pour un autre, à l’inverse : « Si on ne se positionne pas dès maintenant en allant parler à tous les candidats, alors que chez nous le RN fait plus de 50 % partout,on risque de perdre du terrain. Maison fait attention à ce que cela ne soit pas public, on n’est pas à l’aise. »
Des maire agriculteursLes syndicats agricoles occupent aussi beaucoup de place dans les rendez-vous des futurs élus. La FNSEA avec la Coopération agricole et les chambres d’agriculture ont ainsi engagé des moyens, notamment lors du Salon des maires ou autour d’un « Pacte pour l’agriculture et la ruralité » appelant les agriculteurs –moins de 10 % des élus alors qu’ils sont 1 % de la population active – à se présenter. Mais avec une approche bien différente.
Alors que les associations appellent à la participation des citoyens, à traiter les questions agricoles en lien avec l’alimentation, la solidarité ou l’environnement, les antennes de la FNSEA souhaitent avant tout ne pas perdre la main sur les politiques agricoles locales. Prochaine étape cruciale ? Le salon de l’agriculture du 21 février au 1ermars 2026, en pleine campagne des municipales.
Fabrice Bugnot (Transrural)
Mairie me ?La plateforme Mairie-me est proposée par le Collectif pour une transition citoyenne (CTC), un réseau non partisan et laïque de 34 mouvements engagés dans la transition écologique, sociale et démocratique, créé en 2013. L’objectif de cette plateforme en ligne ? Partager les priorités des habitants et habitantes, porter ces revendications auprès des candidats et candidates aux municipales et mobiliser les acteurs du territoire autour de ces propositions. On peut en quelques minutes y dire ce qui nous tient à cœur dans la commune (mobilité, santé, climat, logement, alimentation…) et contribuer à faire émerger des priorités locales partagées. Toutes les contributions sont anonymisées, transmises aux collectifs locaux, puis utilisées pour créer des « Pactes citoyens » à défendre dans les campagnes municipales.Le site Mairie-me.org recense aussi de nombreux exemples de solutions déjà testés avec des retours positifs, et qui montrent qu’il est possible d’agir.

Queeralité : l’art en ciel rural
The Great bimbo saké show lors, à Saint-Affrique, dans le sud Aveyron, pour la deuxième édition du festival « Queeralité » en octobre 2025. © Loubika
Le 11 octobre 2025, à Saint- Affrique, dans le sud Aveyron, s’est tenue la deuxième édition du festival « Queeralité ». Organisée par notre association éponyme, contraction de « queer »1 et de « ruralité », cette journée est née d’un besoin de mettre en lumière les existences LGBTQIA+ sur notre territoire. Créée en 2024 par deux jeunes artisans trans, l’association rassemble aujourd’hui une équipe élargie pour mettre des paillettes sur les tas de fumier !
La culture queer comme support d’échanges
Comme pour l’édition précédente,nous avons composé la programmation du festival2 en essayant de diversifier les différentes formes d’art queer : marché d’artisan·es, bibliothèque,performances, plateau radio, atelier d’archivage, concert, drag show, baltrad et DJ set. Une manière de soutenir les artisan·es et artistes pour qui les portes des salles de spectacle et des marchés sont le plus souvent fermées,mais aussi de toucher un public le plus large possible. La diversité des profils programmés est également l’occasion de représenter notre communauté dans sa complexité et ses nuances.Passer par l’art, c’est pour nous ouvrir une fenêtre subtile sur nos réalités,convaincre par l’empathie et les émotions partagées.
Faire réseau, créer du lien
Pas moins de cinq cents personnes se sont déplacées pour ce moment de résistance festive, avec des membres de la communauté venus chercher des rencontres soutenantes mais également des habitant·es curieux·ses, des familles et des aîné·es. C’est cette capacité à rassembler dans la bienveillance et la joie, tout en sensibilisant aux enjeux auxquels fait face notre communauté, que nous souhaitons cultiver. Nous espérons pérenniser ce rendez-vous et multiplier les occasions de mettre en lumière et en lien les personnes queer en milieu rural pour amoindrir le sentiment d’isolement qui peut les entraver.
Quel horizon sans fonds ?
À l’heure actuelle, six bénévoles actif·ves et un salarié à temps partiel assurent les activités de l’association,nous organisons également des brunchs, des ateliers créatifs ou prochainement la mise en place d’une bibliothèque queer et rural dans le café associatif du Lieu-dit.Mais lutter contre la haine et créer des réseaux de solidarité n’est pas gratuit. Nous ne souhaitons pas entretenir la précarité des artistes et artisan·es queer que nous prétendons soutenir en ne rémunérant pas leur travail. Nous ne souhaitons pas non plus afficher des prix qui excluraient les publics les plus précaires.Une solution donc : de l’argent public que nous peinons aujourd’hui à obtenir… En attendant on se démène,on compense grâce à un immense don d’énergie bénévole et une toile d’associations amies !
Criquet (Queeralité)
1 – Toute personne sortant de la norme hétérosexuelle ou cisgenre (qui s’identifie au genre qui lui a été a donné à sa naissance) et qui souhaite voir cette norme abolie.
2 – Détails du programme : @Queeralite
Des évènements queer en ruralitéDe nombreux évènements existent sur les questions queer ou féministes en ruralité : Nos couleurs 40 à Labrit (40), le sestival Hébé avec la Team Sama à Mont-de-Marsan (40), le festival le Cri du caillou à Saint-Etienne-d-Olm (30), la Marche des fiertés rurales à Chenevelles (86), la Marche des fiertés à Guéret (23), Lezart Festival à Vicq sur Gartempe (86)…

Objectif zéro non-recours aux droits
La communauté de communes informe les habitants sur leurs droits lors d’événements festifs. © CCAAG
Peut-être connaissez-vous les territoires « zéro chômeur de longue durée » où l’obtention d’un emploi est un droit assuré parla collectivité ? Depuis deux ans, une expérimentation similaire, dotée de 18millions d’euros, implique 39 territoires « zéro non-recours » aux droits sociaux (revenu de solidarité active, minimum vieillesse, assurance chômage, complémentaire santé solidaire, chèque énergie, aide personnalisée au logement,etc.).
« 30 % des Français ne font pas les démarches pour avoir accès aux droits auxquels ils peuvent prétendre, ce qui peut [les] faire basculer dans la pauvreté ou les empêcher d’en sortir », souligne le ministère en charge des solidarités, à l’origine de l’expérimentation.
Parmi les 39 territoires engagés, le plus rural est la communauté de communes gersoise Astarac-Arros en Gascogne : 7 300 habitants sur 37 communes. « Les freins sont multiples et encore plus en rural, exposent Mélanie Le Goulven et Margaux Pellefigue pour la collectivité. Il y a des problèmes de mobilité compte tenu des distances1, d’accès au numérique. »
Elles font le lien avec la disparition des permanences locales de nombreux services publics, tout juste compensée par la présence d’une maison France services à Villecomtal. C’est pourquoi dans le Gers, l’expérimentation se concentre sur « l’aller vers ».
Avec un allié étonnant, qui a co-porté la réponse à l’appel à projet : l’entreprise Ville à joie, une « structure de l’économie sociale et solidaire, spécialisée dans la revitalisation des territoires ruraux par le biais d’événements itinérants qui recréent du lien social et facilitent l’accès aux services de proximité ».
Blind-tests et dépistages
Ainsi, cet automne, une « tournée des services » a fait escale dans 17 villages du territoire, proposant chaque soir buvette, restauration, animation musicale et stands variés : informations,conseils, dépistages et consultations,tenus par exemple par la Caisse primaire d’assurance maladie, la Mutualité sociale agricole, le Point accueil écoute jeunes, le Planning familial, le Centre de dépistage des cancers, le Bus dentaire, France services ou la Croix-Rouge, sans oublier, la communauté de communes.
« On ne s’est pas fixé un public cible ou un droit, ce qui prime c’est le contact », insiste Margaux Pellefigue, qui précise que « le partenariat avec Ville à joie nous décharge de la logistique et permet de nous concentrer sur la formation, le renforcement des partenariats, etc. »
Formations de « sentinelles »
Car « l’aller vers » n’est pas la seule modalité d’action. « L’action sociale,c’est plutôt une compétence du département.Mais nous et les mairies sommes le point d’ancrage, au plus près des citoyens. C’est plus facile de venir dans une mairie ou un EPCI que de frapper à la porte d’une Maison des solidarités ou d’une assistante sociale, perçu comme très stigmatisant. » Encore faut-il que la mairie ou l’EPCI, premier employeur du territoire, puisse répondre aux sollicitations. « L’enjeu est de réorienter vers le bon interlocuteur le plus rapidement possible. »
Des formations sont dispensées cet automne aux employés intercommunaux (garderies,crèches, etc.) et aux secrétaires de mairie pour qu’ils deviennent des « sentinelles non-recours ». L’expérimentation prendra fin dans un an et ses enseignements permettront peut-être de révolutionner l’approche des aides sociales en France. Et si, pour éradiquer le non-recours, elles étaient versées automatiquement ?
Jade Lemaire (Transrural)
1 – Le siège de la collectivité, Villecomtal-sur-Arros, se situe à près d’une heure de route de la préfecture.

Photos from Familles Rurales, fédération nationale’s post

Ce lundi 12 janvier, Familles Rurales rencontre Serge Papin, ministre du Pouvoir d’Achat dans le cadre de notre engagement à déf…
